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APHERESE EN GASCON PYRENEEN (BAREGE)

 

Lexique et sémantique

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ETUDE DE SEMANTIQUE LEXICALE: LE PASTET en pays de BAREGE

 

Morphologie

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Analyse morphologique comparée de la DERIVATION DECALEE en
ARAGONAIS, GASCON, CATALAN

 

 

SECTION 1 PHONETIQUE
SECTION 2 PHONOLOGIE
SECTION 3 MORPHOLOGIE
SECTION 4 LEXIQUE ET TERMINOLOGIE
SECTION 5 DIALECTOLOGIE ET GEOLINGUISTIQUE
SECTION 6 SYNTAXE ET SƒMANTIQUE









NÉOLOGIE DIALECTALE ET IMPLANTATION EN SOCIOTERMINOLOGIE SPATIALE: REPRÉSENTATION DE REGISTRES "DIASTRATIQUES" CONCURRENTIELS




Jean-Louis FOSSAT
université de Toulouse II-Le Mirail
C.Li.D_ERSS UMR 5610
fossat@cict.fr
Référence bibliographique: Cahiers d'Etudes Romanes CERCLID 8, 1997, pp. 95-163; pour une étude précisée, V. TERMISTI 16, 1997, Bruxelles.

Résumé: Ce travail concerne les méthodes de constitution et de traitement de corpus à caractère socioterminologique territorial; la nomenclature terminologique concernée est de type "distribué". On a cherché à définir le concept d'implantation de socioterminologies spatiales "distribuées" en prenant en compte les facteurs qui facilitent ou bloquent l'implantation de terminologies françaises, quand préexistent des vocabulaires dialectaux présentant des caractéristiques de spécialisation. La diversité même des interprétations du terme "implantation" nous a conduits à en redonner une définition en termes d'interaction sociale (transaction et échange), en rapport avec le concept juridique de mode de production, appliqué à la genèse de socioterminologies spatiales plurilingues.

Mots-clés: terminologie, socioterminologie "distribuée", socioterminologie spatiale "distribuée", vocabulaire dialectal de spécialité, enquête en socioterminologie spatiale, statistique spatiale.

1.-INTRODUCTION: Implantation et interactions sociales.

Définition de départ

Le concept d'implantation terminologique, pour le terminologue non professionnel, est trop récent et trop complexe à la fois pour relever d'une définition abrupte, en approche descriptive ou déclarative; le seul rapport entre concept, référent, dans la perspective qui sera ici définie, revêt une complexité redoutable. Aussi proposons-nous de substituer à cette approche une démarche générale plus adéquate et opportune: le concept d'implantation implique que l'on prenne en charge l'implication du mouvement (mutation) terminologique dans le champ du sujet psycho-social, personnage "interactant" polyfonctionnel observé dans ses rôles.

Fil directeur

En fonction de ces rôles, un même sujet peut être caractérisé: - par l'utilisation d'un vocabulaire de spécialité dialectal qui ne fait pas terminologie, et qui échappe à ce que nous appelons implantation: ce premier fonds constitue le lexique privé des sujets - par le taux d'utilisation d'un vocabulaire de spécialité pouvant constituer terminologie, et soumis à une politique linguistique d'implantation, en raison de la coexistence des plusieurs "registres". Le cas de la constitution de terminologies officielles du circuit du Bétail et des Viandes, qui a fait l'objet de nombreuses enquêtes antérieures, est ici réexaminé sous cet angle. Ces caractéristiques permettent de conclure au caractère "non bien fondé" des ensembles de données élémentaires catégorisables à l'intersection des données dialectales et des données terminologiques. (1) Terme, Implantation et interactions L'implantation d'un terme met en évidence des facteurs qui facilitent et qui bloquent les interactions sociales dans l'espace. Nos travaux antérieurs (Besche-Commenge 1981), nous ont habitués, de longue date, à observer, soit hors statistique spatiale, soit avec des méthodes relevant de la statistique spatiale (Venables-Ripley 1996, chap. 15, pp. 3282 sqq.), les rapports entre terminologies sociales et spatiales par étages et usages du "sous-sol" à "l'étage"; c'est la même hypothèse qui guidait les travaux sur la constitution de vocabulaires spécialisés de D. Gonzalez, explorant la genèse d'un vocabulaire spécialisé dialectal minier occitan, "sous terre" (site de Carmaux 09F, La Découverte), confronté à la genèse d'une terminologie nationale à implanter; nous soutenons et démontrons que la terminologie contemporaine relative aux "éco-labels français", met en évidence une problématique du même ordre, quand elle se pose la question du niveau de label géographique à accepter, quand se pose en termes de mesures d'urgence la nécessité d'implanter un label tel que boeuf de France, viande de France , agneau français (V. annexe 2 données pomologiques, au titre des éco-labels candidats à une mercuriale des produits nationaux localisés, dans une politique de résistance aux produits agro-alimentaires d'importation) ; l'élaboration de labels de produits de marque exploités par la publicité écrite ou orale peut rencontrer des problèmes voisins (36-15 Danone: Bio de Danone, à implanter en France, dans les Pays de la CEE; labels de foie gras locaux opposés aux produits d'importation; label de viandes locales en rapport avec la nécessité dd'une double protection, économique et sanitaire, contre des denrées dangereuses importées etc...). Reste que l'implantation en domaine aérospatial, télédétection, biotechnologies pose certainement, si l'on veut être clair, des problèmes qui sont d'un tout autre ordre que ceux que posent les domaines de spécialité sur lesquels nous nous appuierons ici. La fonction de jargon professionnel et la fonction territoriale n'y prennent pas les mêmes formes. (2) mouvement observé à partir de séries temporelles, avec perspective d'intervention, par des organisations de travail syndicales ou corporatives. On ne voit pas comment, pour une mesure de l'implantation dans le temps des interactions, échapper à la simulation de données constituant des séries temporelles, appréhendées en statistique spatiale. J'ai pour cette raison entrepris d'étudier la vitalité actuelle d'un vocabulaire de spécialité incontestablement dialectal (annexe 1), qui a pu, un temps donné, jusqu'au 20ème siècle, jouer le rôle de terminologie temporaire tolérée par les instances officielles, corporatives, syndicales, à échelle nationale, régionale, départementale, pour ne conserver, de nos jours, que le statut de terme de l'usage privé, hors terminologie publique, donc hors champ d'implantation et d'intervention. (3) calcul d'indices d'implantation de termes proprement dits envisagés et terminologie spatiale Les enquêtes auxquelles nous faisons référence se donnent comme but d'établir, voire de mesurer, en faisant appel à des méthodes de calcul homogène, les faits relatifs aux "indices d'implantation" de la néologie technolectale d'une terminologie de référence officielle, dont l'implantation, amorcée dans les années 1940, peut être considérée comme achevée, globalement, dans les années 1990, en France, comme dans les pays de la CEE. Qui dit implantation et terminologie spatiale, dit estimation d'implantation spatiale calculée, dans l'espace et dans le temps; l'implantation, est calculée à partir des données initiales d'une enquête de terminologie spatiale, exécutée sur (n) points d'une région D < R2, pour une date (d).

1.1 Implantation en termes de catégorisation juridique et territoriale.

Ce qui compte, puisqu'on parle d'implantation ce n'est pas tant le calcul que de savoir de quoi on parle, puisqu'on en parle. On sait que le concept d'implantation est un concept familier à l'environnement, dans ses rapports à la santé et à l'alimentation: on implante une usine de dépollution (traitement des déchets), sur un site, dans le cadre juridique d'une étude de marché, en tenant compte des effets ou retombées d'une telle installation, sur les populations. On consulte à tous les "niveaux", du "sous-sol" aux "étages"; l'implantation dont il s'agit ici n'est pas évolutive: on n'installe pas un fragment d'usine, mais un bloc formant unité au départ; susceptible, à la rigueur, de recevoir quelques rajoutures. Le concept d'implantation territoriale tel qu'il est utilisé en socioterminologie spatiale demande à être clarifié; pour qu'un dialectologue puisse être habilité à parler de termes proprement dits, il faut qu'il administre la preuve que le mouvement qu'il analyse ne peut, en aucun cas, se réduire au rapport formant/formé qui définit la théorie de l'information scientifique et technique, parce qu'il fait intervenir le plan de l'institué, distingué du fonctionnel, autant que faire se peut. Nous formulerons l'hypothèse que le concept d'implantation se définit par les caractéristiques suivantes qui fondent une socioterminologie cognitive: - il s'établit en fonction du concept de stratégies de communication-négociation entre éléments sociaux en conflit les uns avec les autres dans l'espace multidimensionnel (Isaïa 1985, p. 119); ce qui est déjà bien établi par Bruno Besche-Commenge-1981, dans une approche ancienne des interactions sociales dans l'espace, toujours d'actualité, sur les rapports entre savoirs et vocabulaires spécialisés du domaine d'expérience zootechnique dans un modèle à "étages" de savoirs constitués, dans le temps et dans l'espace; on se souvient avoir ici naguère entrepris dans une telle optique, de dénombrer dans l'espace et dans le temps les désignants ou appelants des "races" en zootechnie et génétique de 1750 à 1880, dans le cadre de contrats de recherche conduits par l'Institut national de la Recherche Agronomique; les résultats en ont été publiés par la Revue "Ethnozootechnie", arrivée à extinction. Pour être assurés du caractère juridique des désignants, nous ne retenions que les désignants officiels variables extraits des relevés de la "machine experte" des Concours agricoles territoriaux: cette machine experte était ici constituée par l'appareil de gouvernement, comme nous en détenons la preuve, à la simple lecture de l'archive publique préfectorale; cette machine peut prendre des formes très variées, selon les variations du mode de production. - la mesure de l'implantation, ainsi caractérisée, constitue un système de mesure des rapports sociaux représentable dans l'espace et le temps (Isaïa, 1985, p. 122; Besche-Commenge, Le savoir ...; Revue Ethnozootechnie 28, 29); il est prouvé que le rapport social d'un éleveur de la vallée de Bethmale à son préfet pouvait dépendre de facteurs politiques (machine politique), selon les formes prises par le rapport entre Pouvoir Central et Pays. - l'implantation telle que nous allons l'exposer à partir d'observables territoriaux se définit en termes de partage temporaire d'avoirs terminologiques non homogènes, non compacts, non "bien fondés", mesurables. Pour cet ensemble de raisons, le concept d'implantation n'échappe pas à la théorie juridique de la "normativité" dans un contexte d'interaction sociale (Isaïa 1985, p. 127), qui ne s'identifie pas à la standardisation. - le concept d'implantation de termes, enfin, ne peut être abordé en dehors de l'analyse de la "forme juridique", en rapport avec la définition que donne Isaïa de la juridicité: " mode de régulation sociale qui relève de ce que l'on pourrait appeler les formes sociales "normatives" (Isaïa 1985, p. 127); autrement dit dans le cadre du "mode de production" de la "vie sociale" (Isaïa 1985, p. 136). Les exemples que j'avancerai dans mon argumentation concernent les rapports entre vocabulaire spécialisé du commerce des viandes, ou genèse de labels dans la mercuriale (annexe 2: la mercuriale pomologique); ils font appel à la genèse de formes juridiques étatiques (usage public), dans un environnement de type privé: ceci constitue ce que j'appelle ici le "sous-sol"; ou le "socle", si l'on prèfère une terminologie familière à la sociologie de l'aménagement); dans ces conditions, il est intéressant d'observer, cas par cas, domaine, par domaine, quels éléments ont joué le rôle de médiateurs. Les indicateurs construits doivent donc mesurer les taux d'usage public de termes (UP) et d'usage privé de vocables de spécialité, qui peuvent être reconnus comme dialectaux: on renvoie sur ce point aux résultats publiés et validés par des mesures, en statistique dite non robuste, mais exploratoire, qui nous ont permis d'élaborer une carte de l'implantation maximale et minimale, pour le domaine décrit (Fossat 1990, Université de Franche Comté). Les deux exemples concrets que je vais analyser mettent en évidence deux tendances contradictoires: - celle du dépérissement (contraction-érosion) de formes historiques où domine l'usage privé (UP)(dépérissement des formes coutumières, formes du droit coutumier, vocables de spécialité de l'usage privé): on doit expliquer alors pourquoi des vocabulaires spécialisés constitués au "sous-sol", n'ont pas accédé au rang de terminologies implantées (étage terminologique implanté). - celle du renforcement (dilatation) de formes juridiques "hautes" qui rendent compte du mode d'édification et de transformation des terminologies proprement dites liées au développement des structures de contrôle étatique, en rapport avec la problématique de l'aménagement d'un secteur d'activité tel qu'une filière (la filière Bétail-Viandes, pour l'exemple retenu en annexe 1). J'ai aussi ailleurs attiré l'attention sur le processus qui a conduit à la genèse de terminologies temporaires régionales, dont l'indice de "dilatation" est directement fonction de la carte d'implantation des sites d'abattage dans des bassins de production, dans une forme d'environnement régi, gouverné, évolutif, pour ce qui est du premier exemple; des sites de négoce des ressources fruitières locales, pour ce qui est du second exemple retenu en annexe 2. La preuve que la "machine experte" des concours régionaux, départementaux, nationaux sait fabriquer des terminologies temporaires intermédiaires, reconnues comme dialectales, est fournie par le mouvement dans la série des termes commerciaux inventoriés par Besche-Commenges (Besche-1981, Société d'Ethnozootechnie N° 28); toutefois, on ne sait si leur origine est privée ou publique: ainsi, dire d'une vache du Gers, que c'est une vache de la Save (ISA_savaise), graphié parfois en orthographe à l'occitane saouèze) - si l'on veut apporter une précision et ue argumentation -, ne nous dit pas à quel étage s'est formée la terminologie géographique: étage de l'usage privé, ou étage de la machine experte à fabriquer des spécifications géographiques en terminologie française, que certains acteurs ont eu tout intérêt à assimiler, s'ils voulaient répondre aux critères de rentabilité que mettait en avant la "machine à progrès". Ce débat, plus pratique que théorique, sur les rapports entre terminologie et interactions sociales n'est pas nouveau; il anime l'ensemble de nos travaux socioterminologiquess depuis Besche-Commenge (1981), il n'est pas sans retombées, quoi que ce point apparaisse moins clair, en dialectologie proprement dite, dans la mesure où l'on ne conçoit pas de traitement utile de l'information dialectale, en dehors de l'analyse des interactions sociales qui ont structuré le statut dialectal des langues fragmentées.

1.2 Implantation pensée en termes de catégories de l'action.

Le terme d'implantation est trop spécifique des catégories de l'action (implantation d'une institution dans un site physique) pour être appliqué sans prudence et réserve aux catégories linguistiques, lexicales, terminologiques, non isomorphes des catégories de pensée, d'action, voire de "choses". Ainsi Villebrun (1996), bien après Besche-Commenge (1981) analyse un dossier qui relève stricto sensu de cet aspect physique du concept de localisation d'une infrastructure (sous-sol minier et infrastructure des forges à la catalane du Pays de Foix): on est ici en présence d'un vrai vocabulaire spécialisé de sous-sol, construit par des communautés de pasteurs l'été, mineurs temporaires l'hiver; ce fonds se caractérise par ses traits de langue occitane et catalane; c'était la langue du sous-sol; ce n'était pas la langue de l'étage; mais on a constaté que les ingénieurs des mines délégués sur place par la "machine experte" avaient tout simplement traité comme terminologie temporaire à désimplanter, ce vocabulaire spécialisé créé sur socle occitano-catalan, et transmis par les maîtres de forges. Npus serions tentés de reprendre à notre compte le terme même pour ces vocabulaires de spécialité, de terminologies populaires, quand elles ont accédé, par quelque médiation que ce soit, à la mention écrite qui leur a permis d'entrer dans la nomenclature des terminologies locales des années 1850 (Littré) En guyise de contre-exemple, on dira qu'il n'en en va pas du tout de même de certaines socioterminologies de "sous-sol"; liées aux modes de production de travailleurs migrants ou saisonniers aux 19ème et 20ème siècles, elles constituent , mais n'instituent pas un argot de métier (argot des ferblantiers du canton d'Aspet 31F, par exemple); sans que de telles nomenclatures, parfaitement fonctionnelles, aient jamais donné lieu à reconnaissance publique. Certes les actions d'implantation terminologique conduites sur appel d'offre émanant de la D.G.L.F. excluaient de fait l'établissement de monographies de ce type, à caractère socio-historique; toutefois elles se définissaient toutes en rapport avec une représentation de la langue comme "instrument d'action" dans l'espace des "interactions sociales", selon la formule de Charles Bally. Nous rendons les interactions responsables, à titre principal, des transformations, dans le champ de socioterminologies territoriales temporaires, élaguées par une politique d'implantation de normes, nécessitées.

1.3 Du calcul a la simulation des modèles de territorialité en socioterminologie spatiale temporaire.

On considère les socioterminologies temporaires à caractère spatial comme un champ d'observation de la "teneur" évolutive en éléments technolectaux dialectaux, formant un sous-ensemble mal fondé reconnu par son poids dans la documentation juridique. Il apparaît que ce sous-ensemble est de manière constante en interaction avec un sous-ensemble terminologique proprement dit, unifié, qui constitue son complémentaire, à moins qu'il ne faille, à une étape ultérieure, à l'âge terminologique, inverser la formulation. Ce type de données se prête bien à calcul d'après des réels, comme en termes de simulation, comportant prédiction des tendances évolutives. Il était ainsi prédictible dès les années 80 que l'on s'acheminait vers une monétarisation informatique affectant le commerce des denrées d'origine animale; on connaît les plans d'intervention successifs qui ont tendu à structurer ce domaine. On a même consacré d'importantes ressources à la mesure des indices de "polarisation territoriale" de terminologies temporaires régionales, sans toutefois apporter de résultats vraiment probants en matière d'analyse des interactions sociales, puisque les enquêtes mêmes ne prenaient pas en compte ce concept de manière suffisamment systématique. Toutefois, comme on représente l'avancée d'une épidémie par une simulation de la progression, on est arrivé à construire, mais de manière statique et bidimensionnelle, des images de la compacité ou de la perte de compacité, de la densité de vocabulaires spécialisés de "sous-sol", que l'on appelle dialectaux; pour robuste qu'elle soit, cette cartographie de technolectes, qui rejoint les méthodes d'observation de la progression néologique, n'est pas sans intérêt pour la mise en place d'une enquête sur l'implantation terminologique, pour des domaines où la question de la territorialité se pose. La méthode créée s'appelle Drawcarte.terminobase; elle est disponible en environnement 4D. Le lecteur est à présent mieux éclairé sur la genèse de notre projet de mesure de la "teneur" en technolectes à caractère dialectal, aux divers "étages" de la genèse des usages terminologiques ; on pourra alors mieux évaluer l'apport, modeste, mais précis, de nos propres enquêtes de socioterminologie territoriale, par rapport à un projet très ambitieux, conçu en rapport avec la problématique de l'aménagement linguistique, qui constitue un axe essentiel des recherches ici conduites.

1.4 Mesures, calcul homogénéisé à partir de faits attestant la non- homogénéité des socioterminologies spatiales.

Comme il s'agit de données nécessairement évolutives, appréhendées à un moment mal connu de leur développement, à partir d'un état initial complexe, on pose l'hypothèse que la relation entre unités technolectales faisant terminologie proprement dite et unités de décompte lexicographique formant un vocabulaire de spécialité est une relation qui repose sur une axiomatique d'ensembles "non bien fondés", définis par leurs propriétés évolutives mêmes. Le problème est fréquemment examiné en littérature; On renvoie, pour commencer à Études sur le texte et ses transformations Vol. VIII, n° 2, 1995 et plus particulièrement à l'exposé par François Gaudin de la question des relations lexicales et des relations sémantico-syntaxiques, en rapport avec la prise en compte, par la terminologie, de la problématique du polymorphisme (concurrences historiques et culturelles) (pp. 11-27). Les exemples que nous appelons à l'appui de notre démonstration, sont de deux types: - soit du type français{[percoler, percolation], [percolateur]} analysé par Salem (Salem 1992 cité par Gaudin 1995, 322) et Gaudin 1995, 23, à propos de la notion scientifique; tous les faits de cette série, même s'ils constituent des nomenclatures de français parlé dit régional, sont exclus de notre champ d'étude par hypothèse, puisqu'ils ne constituent pas de formes juridiques à caractère territorial. - soit du type roman des socioterminologies temporaires territorialisées: construit culturel, idéologique et institutionnel: il ne s'agit pas seulement de jargons professionnels; et pas seulement de terminologies "maison"; mais de stratagèmes.

2. POSITION DES PROBLÈMES DE SOCIOTERMINOLOGIE SPATIALE EN TERMES DE "MODE DE PRODUCTION"

2.0 Forme juridique d'une socioterminologie spatiale

Comme il a été dit en introduction, il est impossible, pour le cas étudié, d'envisager de définir le concept d'implantation de termes français, en dehors de la prise en compte du rapport, nécessairement dialectique et multidimensionnel entre "forme juridique" du droit commercial français et terme temporaire territorialisé, envisagé dans le cadre du "mode de production" de la vie sociale (Isaïa 1984, §3, pp. 136-137): c'est tout cela qu'implique la prise en compte de l'évolution dans un schéma qui prenne en compte les interactions sociales. C'est un fait bien connu que la dialectologie, coupée de la dialectologie sociale, est peu apte à approfondir ce type de réflexion, à partir de la plupart de ses recueils de données, liés à l'histoire de la discipline en Europe. Même en 1996, en France, tous les acteurs commerciaux de la France rurale, affichent encore à l'étal le nom et l'origine du propriétaire des animaux transformés en viande; une simple pratique destinée à améliorer la mise en confiance, ce fait-symptômùe en dit long sur le rapport des acteurs à la complexité artificielle créée au plan institutionnel. Cela suppose accepté que le terme soit caractérisé par le rapport formant/formé de langue/ d'une part et institué de discours interactif; forme sociale (inscrite en langue/discours) il est par là inséparable du contenu social qu'elle recouvre, son formé institué. Si l'on voulait exemplifier ces propos trop théoriques, on devrait dire que si rumsteack_F (T) et abraquedure_R ont même "référent", ils ne se laissent pas ramener à la même notion; lorsqu'un décret départemental lui confère le statut de terme temporaire d'une terminologie provisoire, il ne place pas à pied d'égalité les termes constitués à deux étages distincts, et n'entend nullement institutionnaliser l'usage d'un vocable du vocabulaire dialectal de spécialté, mentionné dans le plan d'action des instances de contrôle. La démarche scientifique suivie consiste à tenter d'appréhender ce rapport très complexe, dans les conditions réelles, territoriales, évolutives, de la vie sociale à caractère multidimensionnel. Bruno Besche-Commenge en a donné un exemple jadis, en analysant le processus de genèse d'une terminologie commerciale non homogène en Ariège (O9 F), à partir de petites annonces d'un journal local (La Terre), très lu dans la paysannerie: < vends une vache (a), trois jourgues (b); ai perdu une bourrette (c)>. Trois termes de la mercuriale; le premier (a) est un vocable général, mais en terminologie recouvre une notion élémentaire que ne recouvrent ni les termes b (système laitier: animaux femelles jeunes) et c (système "viande"; animaux femelles jeunes) On sait combien sont insuffisantes, en termes d'aménagement linguistique, les mesures se fondant sur les seules caractéristiques reconnues et déclarées de français régional (taux reconnus; taux théoriques de particularités de français régional); si homogénéisés soient-ils, les calculs, sans doute nécessaires, ne rendent jamais compte du processus de mise en relation entre le "sous-sol" et les "étages", en économie pastorale réglementée ici par un droit coutumier intrapyrénéen, lié au mode de production dans les communauté de travail des Pyrénées Historiques, de la féodalité à nos jours. Ces positions elles-mêmes, avec leur aspect historique, plus encore que diachronique, éclairent le choix de nos applications, en même temps qu'elles ne peuvent être comprises qu'à partir d'un construit d'ordre théorique. Mesurer l'implantation (Rouges-Martinez-Langard 1996, ici même) c'est donc s'inscrire dans le cadre d'une réflexion d'ensemble qui fasse appel à ces concepts; autrement dit, c'est sélectionner un outillage théorique qui permette d'aborder le plus près possible du réel la complexité des rapports entre "réel" et "idéel" (Godelier 1984), - d'autres disent conceptuel -, entre réel et "institutionnel (Isaïa 1985, op. cit.)., La terminologie (jargon professionnel selon les normes terminologiques internationales) que nous allons analyser relève du plan commercial: elle concerne le commerce du bétail et des viandes au plan national, international, au plan des échanges territoriaux obéissant à un schéma de régionalisation qui ne s'identifie pas au schéma étatique (Besche-Commenge 1981). Un terme dans le domaine du rapport économique et social se définit par ses dimensions politique, économique, juridique, idéologique, en rapport avec le plan formant/formé qui caractérise sa dimension proprement linguistique (plan de l'expression). Le concept moteur de notre modélisation est l'outil théorique dit du "modèle de production", tel que défini par l'anthropologie juridique et sociale, comme moteur des rapports sociaux. Bien de nos analyses antérieures établies à partir de listes, sont sans intérêt, si l'on ne fait pas appel à ce moteur. On renvoie ici à deux de ces listes jointes en annexes 1 et 2. Dans l'optique historique retenue, le "mode de production" se définit comme "manière dont une société s'organise pour produire de la vie sociale sous toutes ses formes" (Isaïa 1985, 137). L'hypothèse de l'existence de terminologies territoriales, pour le domaine des terminologies agro-alimentaires, en France, dépend en grande partie des transformations successives du mode de production féodal et du facteur d'organisation corporative du travail qui lui est associé. L'évolution des terminologies territoriales dialectales a une issue connue: le vrai gagnant, dans cette affaire est une fois de plus le pouvoir politique associé au pouvoir linguistique (Isaïa 1985, 37); et, à travers lui, "les forces sociales dominantes au sein de la société" (Isaïa, 1985, 37). C'est dans un tel état d'esprit que, dans les années 90-91, nous avons répondu favorablement à un appel d'offres sur le concept d'implantation terminologique, lancé par le Délégué général B. Cerquiglini, bien conscients des écarts qui existent entre domaines d'applications, pourtant tous régis par ce modèle. Nous voulions, au départ, interroger le pourquoi de la séparation entre terminologie unifiée de droit et terminologie territorialisée populaire, établie sur "socle" de rapports sociaux générateurs de vocabulaires spécialisés de type dialectal, technolectal. Nous avions pour cela commencé à formuler, pour un secteur de production (P) évolutif, ses facteurs de gouvernement, dans la réalité des échanges marchands extérieurs au gouvernement centralisé du domaine, "situation propre à l'espace politique" tel que le définit Isaïa 1995, 63.

2.1 Le cas des vocabulaires spécialisés de l'alimentation carnée ou la genèse de socioterminologies professionnelles à caractère territorial reconnu par les institutions.

On se propose d'esquisser l'histoire de l'implantation territoriale d'une unité d'un vocabulaire spécialisé dialectal occitan, susceptible de faire terminologie: le cas de garron, orthographié garroû au singulier, et garroûs, au pluriel, à la frontière des usages public et privé, en domaine linguistique mérdional en France: la vraie question posée est de savoir s'il existe bien une authentique terminologie du Sud. Nous avons démontré que, dans le domaine d'expérience considéré le Sud n'était pas plus particulariste que ne l'était l'Est ou le Nord; il est tout aussi naturel, dans l'exercice des interactions sociales à Namur ou Nancy, ou Rabastens- de-Bigorre de rencontrer des désignants à caractère territorial "compact". Quand l'implantattion territoriale est explicite elle prend la forme de suites bien formées en NdN2 où N2 est un nom de ville, de pays, de site; on sait combien la socioterminologie des sobriquets ethniques exploite cette façon de désigner: calhets de Bénéjacq, désigne massivement toute la population; il faut savoir que là-bas, aux confins du Bas et Haut-Béarn, tout le monde est soit maquignon, soit charcutier itinérant (calhet, en occitan de type béarnais). Il se pourrait, que les NdN à N2 géographique de type filet d'Anvers, bifteack anglais etc... obéissent en partie à une telle logique, fort distincte de la tendance à constituer des lexies compositionnelles en lexique général. Les faits d'implantation apparaissent alors plus comme des faits symptômes du mode d'institutionnalisation que comme faits-événements de morphologie lexicale attestés; la mesure de l'aire des attestations est-elle-même un fait-symptôme. Cette hypothèse va à l'encontre des pratiques de construction du lexique implanté en "sous-ensembles" bien formés; il est très compréhensible en conséquence, que la socioterminologie comprise comme démarche dialectale, puisse demander aux Mathématiques appliquées aux Sciences Sociales de lui prêter assistance pour mettre au point une méthode plus adéquate et opportune, en ce qui concerne les mesures d'un processus aussi complexe, Pour ma part, je privilégierai ici un autre type de représentation des structures évolutives, utilisant le stratagème, sinon la théorie des graphes dans son mode de représentation des processus de production de socioterminologies spatiales, évolutives dans le temps: on a le choix entre dendrogrammes classiques (Venables et Ribley 1996, 346) et réseaux neuronaux (Venables et Ribley 1996, p. 261). Nos représentations font principalement appel ici aux premiers

2.2 Historique des essais de clarification: points de vue de linguistes hors perspective de socioterminologie spatiale.

Malgré les essais de clarification déjà opérés, d'un point de vue strictement linguistique, malgré les essais de calcul déjà effectués, pour servir de base à des représentations cartographiques de la dynamique de territorialité terminologique (annexe 3), nous sommes tentés de revenir sur la définition du concept d'implantation à la croisée d'une approche terminologique liée à la mise en place d'une "loi linguistique" et une approche géolinguistique, pour ne pas dire dialectologique, qui relève de l'analyse de terminologies obéissant à des "schémas régionaux", en raport avec la loi, la structure sociale, les caractéristiques démographiques de sociétés historiques. On ne peut en effet, sans imprudence, comparer les faits terminologiques dans le domaine de la télédétection ou des biotechnologies, dans le champ de la métallurgie contemporaine, et la constitution de terminologies populaires temporaires dans les sociétés historiques de la France rurale. Notre approche de terminologies dialectales "populaires" du circuit des viandes en Europe, dans des schémas régionaux de dialectes sociaux, a mis en évidence l'impossibilité, dans ce type d'application, d'établir une séparation bien fondée entre deux ensembles que l'on considérerait comme "bien fondés": lexique (vocabulaire) commun et lexique (vocabulaire de spécialité organisé en sous-lexiques); l'aveu même des linguistes terminologues est notre point de départ: "on sait mal caractériser les termes d'un point de vue linguistique" (souligné par nous); c'est que les termes, s'ils sont générés au plan linguistique (genèse du rapport formant-formé de toute information lexicale ou terminologique) se constituent en termes au plan de ce qui est non façonné, non structuré, formé, mais au plan de ce qui est "institué"; autrement dit la constitution d'un sous-ensemble terminologique "non bien fondé" repose entièrement sur l'hypothèse de l'inscription sociale en langue/discours, problème chaud de la sémantique contemporaine, mis en évidence par les travaux d'ordre socioterminologique, juridique, économique et anthropologique; le rapport Instituant/Institué/Instituendum de l'axe terminologique est alors le pendant du rapport formant/formé/ de l'axe linguistique. Les approches descriptives du "formant" des terminologies, voire du rapport formant-formé, posent de manière imparfaite la question du rapport multidimensionnel et polyfonctionnel des termes dans les divers domaines d'activités où ils instituent des ensembles non bien fondés, relevant d'une axiologie qui n'est pas exclusivement, il s'en faut, celle de l'axiologie des catégories "méronymiques"; il est significatif à cet égard que les terminologues eux-mêmes reconnaissent l'existence de champs de transition, dans des formulations qui reconnaissent l'existence d'un "vocabulaire semi-scientifique" (Thion 1995), quelle que puisse être la subcatégorie sémantique des termes (prédicats d'information caractérisés par leurs propriétés structurales, au plan du rapport formant/formé : Latour 1995). L'étude des sigles (Monnier 1995, 81-82) accentue le plus souvent l'analyse de l'aspect linguistique du rapport formant/formé, sans aborder ni directement ni indirectement le plan de l'institué. La mise en évidence des éléments constitutifs de la définition du terme est opéré dans le cadre de l'analyse des relations conceptuelles (réseaux de concepts; schémas; procédures; réseaux de marqueurs): on constate des faits-événements séparés, tels que puits1 (géologie); puits2 (traitement de l'information en théorie des graphes) et l'on conclut que "le même mot puits, utilisé dans un autre domaine de spécialité, ne serait probablement pas défini sur la base des mêmes propriétés" (Borillo-Perry Woodley 1995): on connaît de nombreux exemples d'approche onomasiologique de terminologies minières et de travail des métaux à caractère dialectal (France, Belgique); on trouve ici même une approche différente, du passage de vocabulaire dialectal de spécialité locale au statut de terminologie reconnue temporairement par la les institutions appartenant au domaine terminologique des "forges" à la catalane (Villebrun 1996); des termes rustiques mentionnés par les in génieurs, qui ont enquêté auprès des maîtres de forges, pas un seul qui n'ait le statut de "mot" en langue, au "sous-sol", en usage "populaire", à condition de considérer les faits d'inscription sociale en langue dialectale, sinon en discours dialectal: on sait combien cette approche de type taxonomique par la dialectologie, conduite selon les méthodes de l'onomasiologie, se prête aisément à une critique radicale des conditions de constitution des terminologies (Condamines, Monnier, Soubeille 1995, 90, mettant en évidence le poids de facteurs cognitifs). Les approches purement linguistiques privilégient très légitimement l'analyse catégorisable du plan du formant, du nommant, du désignant, de l'appelant, et son rapport au plan du formé en rapport avec les hypothèses de la sémantique cognitive contemporaine. Nos propres appoches antérieures de terminologies spatiales de modèle "populaire" en rapport direct avec le "mode de production" n'échappaient pas à cette approche (mode de dénomination; mode de désignation); toutefois, elles mettaient en évidence une composante caractéristique jamais mise en évidence, jamais démontrée, n'ayant jamais donné lieu à contre-expertise mathématique, arithmétique et algébrique: l'existence de terminologies de "site territorial", constituées sur "socle" morphologique, syntaxique, sémantique, voire phonologique (voir annexe 1). On peut accéder à ces listes et à l'information structurée qui leur est associée (voir annexes) sur le site de la maison de la Recherche de l'Université de Toulouse, en réseau (UMR 5610_Opération 06_05 sous-programme Socioterminologies); mais en même temps on peut accéder, par un outillage adéquat constitué aux résultats de la représentation territoriale de lexiques concernant le mode de production tel que défini ici.

Une telle approche repose sur le concept de diffusion terminologique par "inondation", plus que sur le concept de frontières "non-floues", définies comme "limites instituées de territoires bien formés"; il apparaît alors que les terminologies de ce type d'application obéissent à un modèle par dilatation/contraction (Zehana 1991), qui se définit en rapport avec l'hypothèse de la polarisation territoriale graduelle de ce sub-domaine de spécialité, défini par rapport au mode d'organisation des échanges, de la production, dans l'organisation de la société rurale, en France, jusqu'à la fin du 19ème siècle, et en rapport direct avec les modes d'organisation du travail, des structures commerciales, l'émergence de modes transformés de commercialisation etc... : on peut consulter sur ce point Besche-Commenge 1981.- Le savoir des bergers de Casabède, UTM, 2 volumes... ; Fossat 1986 Prototype de carte de synthèse en socioterminologie territoriale établie par analyse multidimensionnelle, dans un espace euclidien qui représente les conflits entre 4 variables de comportement langagier.

On forme alors l'hypothèse que l'implantation n'est pas régie par des modèles linguistiques "intériorisés" (modèles et théories des grammaires intériorisées); elle relève plus directement d'une modélisation historique et sociale des rapports entre fragments d'organisations territoriales (pays terminologiques, paysages terminologiques; "bandes" de l'anthropologie sociale, économique et juridique) et pouvoir central. C'est en fonction de cette hypothèse que nous avons tenté de mesurer la corrélation de l'implantation par rapport à trois facteurs de normativité juridique et sociale, pour notre application, concernant l'édification et la transformation des usages terminologiques dans le circuit du bétail et des viandes, en action d'accompagnement du contrat d'étude de l'implantation diligenté par la D.G.L.F: F1 par rapport à la carte des centres d'abattage communal F2 par rapport à la carte des centres de commercialisation ou marchés (foires et marchés) F3 par rapport à la carte démographique des variétés génétiques (schéma génétique régional).: on pourra trouver ici en annexe deux cas exemplaires de territorialisation par la mercuriale: en pomologie; (1) commerce des viandes et denrées d'origine animale (2) mercuriale pomologique et labels (éco-labels fruitiers) La modélisation des processus d'implantation, fait alors intervenir, comme en couche diastratifiée, divers modèles à relier dans une modélisation unifiée, à la façon de la modélisation en Sciences Sociales (Barrère-Maurisson 1995) - modèle minimal: la "niche", la boucherie, l'abattoir local, la tuerie particulière, dans notre cas (terminologie "maison") - modèle intermédiaire de "proximité" définie en termes institutionnels (terminologie de "pays") - modèle supérieur d'extériorisation: à cette phase (étape ou étage) du processus, les marqueurs sont précisément les marqueurs de l'apport de la couche néologique, visible aussi bien dans le lexique commun que dans le lexique de spécialité constitué; ce modèle supérieur a pu se constituer dans la bourgeoisie commerçante (les boucheries-charcuteries de bourgs) (Segalen 1990). Ce que nous mettons ici en évidence, toutefois, constitue plus spécifiquement un niveau "fonctionnel", le niveau des fonctions, à distinguer du niveau institutionnel.

2.3 Mesures de l'implantation et représentation cartographique des faits de socioterminologie spatiale.

L'incidence de ce type d'analyse sur le choix d'une axiologie en traitement mathématique (voire statistique) de l'implantation, est à prendre en compte, si l'on ne veut pas donner dans le panneau des courants de la statistique appliquée au champ linguistique de manière irréfléchie. Il est exact de dire que dans les années 80 (Fossat 1986) nous avons pu confier à un logiciel d'analyse classificatoire exploratoire (EDA/ALCESTE) la tâche, exploratoire, d'observer les faits réels, considérés comme faits événements et faits symptômes; et, au vu des classes, construire une représentation cartographique d'ensembles flous, d'ensembles mal fondés (Fossat-Peytavi-Zafar 1986); il n'est pas inutile ici de rappeler cette représentation, qui est un des témoignages les plus clairs, à mes yeux, de la validité de nos résultats en géolinguistique sociale de l'implantation "temporaire", mesurant le rapport entre terminologies locales (pouvoirs locaux), terminologies du modèle extérieur supérieur, et terminologies intermédiaires. La liste jointe en annexe 1 est représentative de candidats à l'implantation provisoire est extraite d'une base de données, réalisée sous dbase, puis sous 4D, exportée pour indexation, et traitement exploratoire; elle nous a permis, par un ensemble de traitements adéquats, de construire un prototype de carte de résistance à unprocessus engagé défini en termes d'implantation terminologique, autrement dit de construire une représentation de configurations stables de classes scalaires d'implantation. Les données que nous avons soumises à une contre-expertise classificatoire portaient sur les faits établis sous polarité bordelaise, en Aquitaine et ont permis de valider l'hypothèse de trois types de conduites, vues sous l'angle de la théorie de l'implantation. Malgré son caractère intéressant, on peut cependant mettre en doute la validité de ce résultat comme mesure de l'implantation graduelle et polyphonique dans le domaine d'application traité; on doit considérer comme terminologique le sous-ensemble marqué_F, et le sous-ensemble marqué DF; on ne peut pas démontrer que le sous-ensemble non marqué a un caractère terminologique, sans base comparative avec la fragmentation obtenue à partir d'un sous-ensemble de lexique de langue commune. Nous avons pour cela voulu effectuer une partition d'un grand lexique dialectal général pour la totalité du domaine gascon, en utilisant les mêmes outils de mesure de la partition fondée sur la même méthode de calcul de la distance linguistique lexicale. Le résultat, symétrique du résultat de tous les fichiers généraux, aboutit à une partition signicative en 10 classes fragmentaires, séquentes ou non; en comparant les représentations de la fragmentation obtenues à partir de ces deux sous-ensembles de données, on constate un plus grand indice de cohésion sociale pour le fichier "spécialisé", et une plus grande fragmentation pour le lexique général; ce résultat peut servir à valider l'hypothèse qu'avec un même outillage comparatif, il est possible de caractériser l'aspect institué des terminologies territoriales, dont la fragmentation spécifique est autre que la fragmentation générale obtenue à partir d'un échantillon de lexique commun dialectal (170 concepts; 150 dictionnaires; 100.000 occurrences de faits-événements). Le résultat de la mesure des usages varie, selon qu'il s'agit du fonds général ou du fonds des technolectes constituant dialectes sociaux. Ce résultat est à interpréter - en rapport avec un modèle transformationnel mot ===> terme - en rapport avec les critères d'implantation - en rapport avec le concept de processus d'implantation- en rapport avec le concept de modélisation sociolinguistique de l'implantation que nous avons proposé, en le validant par contre-expertise mathématique.

3.- Mot ===> terme: modèle transformationnel représenté en théorie des interactions sociales représenté par recours à la théorie des graphes.

3.1 calcul des faits d'hégémonie définie en termes d'interactions sociales

L'unité garron, "jarret", mot du "socle" lexical commun, intervient sur site gascon et languedocien pour définir partiellement une image non stabilisée du site territorial, en tant que vocable non spécialisé à facette de spécialité (fait-événement instable); les données élémentaires initiales sont prises à la carte déclarative établie pour le domaine occitan (Fossat 1971). Où en sommes-nous 20 ans après? Au plan de la mesure de l'implantation terminologique, l'implantation ne peut être mesurée, en 1996, que de manière graduelle et scalaire, qui prenne en compte, à partir de séries temporelles: - le poids du mot, ou terme temporaire dans un ensemble de vocables de spécialité caractérisant le comportement terminologique, stable ou temporaire, au sein d'un groupe "d'éco-sociologie des échanges" (Besche-Commenge 1981) - le poids relatif des termes dits synonymes au même niveau de genèse d'un vocabulaire de spécialité - le poids relatifs des substitutions néologiques opérées. Le calcul des classes de socioterminologhie spatiale permet alors d'établir une relation d'implantation spatiale, compacte ou non compacte, dense ou moins dense; la méthodologie préconisée est donc voisine de celle qui permet de représenter ce qui se produit, historiquement, chaque fois que, par érosion-contraction, un phénomène de structure, de système, perd de sa "compacité" dans l'espace (Varvaro 1996). L'observateur naïf peut alors constater qu'à une date donnée, un vocable de caractère dialectal peut être considéré comme "hégémonique", temporairement, sur site territorial: il est alors enregistré en tant que terme (unité terminologique temporaire) par les instances administratives, collectivités territoriales, juridiques, financières, organismes de service public, organismes de contrôle commercial et sanitaire, organismes de contrôle des labels; on peut penser que, par rapport à la loin linguistique, l'Etat, ne pouvant, à cette date, sanctionner l'usage de terminologies "déviantes", ou faisant déviance par rapport à la terminologie unifiée qui reste du domaine des buts à atteindre, met en place, au lieu d'une stratégie de sanction, une stratégie d'impulsion, qui prend appui sur les organisations professionnelles et pédagogiques elles-mêmes. Les termes dialectaux hégémoniques s'opposent aux termes dialectaux hégémoniques du français, en ce qu'ils reposent sur un modèle interactif; ce sont des unités à fort caractère dialogique, polyphonique; il est aisé, sinon fréquent, de le vérifier dans les dialogues situationnels des boucheries du Toulousain, comme nous allons le faire par enquête d'implantation simulant ce que peut être la situation actuelle dans un bourg de la campagne toulousaine, dans la vallée de la Lèze, sur l'axe Toulouse-Andorre.

3.2 LE CAS DE GARRON DANS L'USAGE PRIVE: ENTRÉE EN TERMINOLOGIE SPATIALE PAR UNE APPROCHE DES INTERACTION SOCIALES

garrons, s. m. pl. (lemme = garron; forme réduite= GARR+ Si l'usage n'est qu'oral et privé, on ne peut incriminer l'unité de faire terme. Elle ne constitue qu'une expression bien formée inscrite au dictionnaire des variables lexicales du dictionnaire occitan unifié et standardisé (garr#on#s); c'est un simple vocable, tant que la documentation juridique ne le mentionne pas dans la législation des prix. Si, en revanche l'unité existe sous forme d'expression écrite et publique, affichée < garrous_s_D -sauce ravigote_F (vocabulaire spécialisé) > il y a peut-être déjà un premier mouvement vers l'interprétation "terminologie temporaire et locale mixte"; ceci peut rejoindre les analyses par la subcatégorisation du plan formant en unités simples non mixtes, unités composées mixtes, qui, toutefois, en tant que telles, ne prennent pas directement en compte l'analyse du processus d'implantation des unités sociotermionologiques territoriales mixtes. Elle constitue un stratagème, à l'échelle des terminologies "maison". Les faits que nous allons évoquer concernent le processus d'émergence d'un échelon territorial de la terminologie conforme à cette hypothèse; ils font tous intervenir les interactions entre au moins deux langues sur un même territoire national. Pour bien établir la frontière entre l'approche non procédurale de la dialectologie et l'approche procédurale en socioterminologie des interactions, je rappelle que dans le second cas, la collecte des données ne procède pas du tout par questionnaire, mais par observation et capture naïve des relations d'interaction. On sait que cette naïveté peut prêter à sourire, au regard de prétentions à la théorisation du domaine. J'introduirai ma démonstration, par appel à un un "vrai" dialogue concret, qui dira mieux qu'une pseudomodélisation, prétentieuse pour un linguiste dialectologue, le poids des stratégies des personnages interactants qui régissent les faits tels que nous les recueillons en enquête relative à l'implantation; rappelons une fois de plus d'entrée de jeu qu'une enquête d'implantation doit être précédée d'une enquête descriptive qui, pour un domaine d'expérience donné, dresse l'état des lieux daté et localisé, servant de point de référence stable; ainsi, les mouvements d'implantation ou de désimplantation auxquels je fais appel ne prennent sens qu'à partir d'une analyse comparative avec un état des lieux daté des années 60 (Fossat 1971 Terminologie viandarde), sur questionnaire portant sur près de 370 localités regroupées en "sites", et plus de 800 informateurs, pour les enquêtes relatives au seul prototype (domaine occitan: gascon et languedocien). Voici, en contraste, comment je conçois la collecte de données relatives à l'implantation terminologique de vocables dont on peut, 30 ans après, mesurer la désinstallation graduelle, la perte scalaire de compacité. J'ignore si les Sciences cognitives, sociales, et l'épistémologie des sciences accorderont un grand crédit à mes données de départ; elles veulent simplement donner une idée de ce qu'un dialectologue appelle, dans son expérience personnelle et professionnelle, terminologie sociale en voie de constitution.

Protocole d'enquête sur l'implantation (lieu(date/caractéristiques des informateurs et de l'information dialectale) *l St-Sulpice-sur-Lèze , vallée de la Lèze (route: de Toulouse à Pamiers); *i1 (interactant 1) la dame 70 *i2 (interactant 2, qui a donné l'impulsion) M. Lacanal, 65a *n (niche): boucherie Lacanal *d 25/5/96 *e Jean-Louis Fossat (observateur du plan des interactions sociales sur site) La première information porte sur la localité; les informations suivantes spécifies les rôles des interactants; l'interactant absent est le représentant de la loi linguistique, qui fait explicitement du droit des sujets à utiliser le vocabulaire de spécialité de leur choix, à partir du moment oùu les contraintes économiques et sanitaires sont respectées; tout particulièrement si le boucher, maire du village, et sa femme, maire du village voisin, entrtiennent avec leur population électorale des rapports d'amitié fondés sur les formes que prend ici le mode de production. On procèdera par plans d'expérience Plan 1: Communication orale ET usage privé La dame (i1): < tiens, donne-moi des garrous , là, avec cette moitié de saucisse de foie > Lui (i2) (soit dans un rôle (tâche) de pédagogue construisant un discours d'expert en morphologie lexicale, soit dans un rôle défini en rapport avec la construction de l'énonciation théâtrale, qui implique la prise en compte des modèles d'interaction sociale en situation de "face-à-face"): < avec des garrous , tu vas faire une garrounade , avec les coudenous , tu peux faire une coudenade , avec des costilhons une carbonada ou une grasilhada etc...> Il y a là, bien plus que prise en compte d'une dimension paradigmatique, pourtant évidente. Plan 2: Ecrit ET usage public (en infraction à la loi linguistique): l'affiche écrite prend la forme: < garrous-ravigote> forme mixte Si j'ai cité ce dialogue vrai, non simulé, non inventé pour les besoins de la démonstration, c'est d'abord pour souligner la conformité de notre procédure de collecte de l'information au modèle dialogal qui est celui des équipes de socioterminologie de Rouen, entre autres; je renvoie ici aux dialogues établis par Gaudin dans le domaine d'observation qui est le sien (biologie); soulignons toutefois un point de divergence crucial: l'identification texonomique et paradigmatique, tout importante qu'elle soit, est loin d'être cruciale, pour la compréhension du processus; ce point ne me semblait pas suffisamment établi; on se figure trop souvent, et à juste titre souvent, le dialectologue constituant des collections de faits sur questionnaire séparé de tout contexte pragmatique; j'ajouterai d'entrée de jeu, que, si l'on a imaginé que ce dialogue de départ était plausible, possible, c'est pour mettre en avant la priorité d'établir des attestations dans des "schémas d'interaction" d'une part (Gardin; Cl. Olivier); il faut, d'autre part, faire remarquer qu'une telle façon de procéder concourt à mettre en garde le terminologue statisticien contre les risques de simplification (biais) liés aux méthodes de traitement, soit de l'implantation, soit de l'implantabilité; un exemple permettra de mieux apercevoir les obstacles rencontrés en termes de mesure de l'implantation. J'insiste d'emblée sur l'importance des minutes d'enquête dialectale, sur le procès verbal de transaction entre personnages interactants: le questionneur et le répondeur en mode oral; et d'autre part sur la nécessité de distinguer le calcul d'indices permettant de mesurer deux degrés d'implantation, symétriques ou asymétriques, à l'écrit et à l'oral; à l'écrit, dans notre cas, on invoquera l'affiche faisant foi et loi, le type d'affiche: affiche légale; affiche de pratique locale sans contrepoids en légalité contemporaine.

3.3 Généralisation: le cas du terme GARRON , en terminologie sociale dialectale, rurale et urbaine de la France du Sud:

1° Garron est, au départ, un vocable général du domaine occitan; on peut s'interroger sur les prédispositions d'une base celtique GARR> à passer du vocabulaire général au statut de la terminologie anatomique ou commerciale; en tant que vocable général à caractéristique orale, il est ici transcrit en orthographe occitane "populaire" (garrou, garroû, garrous au pluriel, en graphie occitane où on entend le morphographème -s, à l'opposé de ce qui se passe en norme française), avec le sens de "jarret" (soit de veau, soit de mouton; soit de boeuf; soit de porc: garron rentre alors en distribution avec cambajon (avec un des dérivés d'une base terminologique camb*.*; le mot, dans une aire culturelle donnée, est aussi courant que le "mot" percolateur, de la série percoler/percolation, percolateur, citée plus haut; on peut donc dire que les deux unités sont, toutes proportions d'échelle gardées, des termes dans leur état initial ou intermédiaire, implantés en tant que vocables caractérisés par leur usage général sur un site ou un ensemble de sites.

2° Rapport entre vitalité et implantation. Le mot (garron1), appelé à faire terme (garron2), est attesté, en tant que terme, dans un emploi terminologique "mal fondé"; il apparaît alors, soit comme implanté dans la documentation terminologique des terminologies régionales de la viande des années 60; soit comme terme provisoirement implanté, à éradiquer; dans la première des deux perspectives, on constate qu'il est très vivace en Ariège rurale et dans les petites villes moyennes, très vivace en basse Ariège et Lauragais toulousain de contact; très vivace dans l'ensemble de l'aire pyrénéenne des Pyrénées centrales; sa présence dessine une constellation qui caractérise l'identité d'usage dans plusieurs communautés de travail pyrénéennes et pré-pyrénéennes, d'une part; sa diffusion toutefois dépasse de beaucoup cette aire de compacité, puisque le terme de boucherie est implanté, de manière sporadique en Gascogne occidentale juqu'en Saintonge, sous la forme jarron , enregistré dans la littérature départementale faisant jurisprudence (documentation relative à la taxation par catégories des denrées d'origine animale); en Languedoc occidental, le terme est généralisé; on pouvait donc très facilement imaginer une implantation du terme en nomenclature du vocabulaire général culinaire français; les dictionnaires de référence français auraient alors enregistré à leur nomenclature, tout comme le mot garbure (soupe de Bigorre et Béarn), le mot magret, très généralisé, depuis son usage en Gascogne, le mot garroû , en graphie phonétique usuelle au sg., et graphie phonétique à l'occitane du pluriel: garrou+s; aucun facteur linguistique interne ne s'y opposait; seul le poids du facteur d'inhibition externe qu'est le goût culinaire explique la non implantation de garrou_D et de son germain garroû_R dans le dictionnaire français. Le mot n'a pas pris en français. Mais les glossaires terminologiques dressés par les professionnels des années 40 aux années 60 portent tous mention de cette unité terminologique, - g a r r o n 2 - comme candidate à l'implantation dans le processus de constitution de constellations terminologiques interrégionales: nous avons de bonnes raisons de penser que la base garr- peut, a pu, et pourrait encore unifier les usages aragonais, catalans et occitans; ceci rendrait bien des services à qui voudrait définir des objectifs d'étape en termes de politique linguistique à mettre en oeuvre dans une Communauté de Travail des Pyrénées, qui en arrriverait à se soucier d'implantation linguistique, en rapport avec le poids des terminologies dans les stratégies visant à modifier le statut des langues nationales, en contexte de plurilinguisme. Les conditions d'implantation de terminologies catalanes en domaine aragonais, les conditions de résistance de terminologies aragonaises (zancarron) éclaireraient sans doute de manière adéquate et opportune, dans le champ des terminologies "latines", la problématique complexe de la constitution de sous-ensemble terminologiques "non bien fondés", en domaine pan-occitan. D'autre part, si un tel usage n'est pas frappé d'attrition totale, on peut supposer que d'autres usages terminologiques sont susceptibles d'être recherchés, sur le même site, par technique de fouille; tout comme on lit à l'affiche < garrous > on lit à la même localité: < graisse de porc gratuite >; en fouillant, on aurait très vite fait de trouver trace du terme général en usage jusque dans les années 60 sagin, et sa variante sai, d'usage pan occitan. Mais dans ce cas, le facteur nutritionnel (interdit alimentaire de graisses d'origines animale) et la commercialisation d'huiles végétales (tournesol etc...) a relégué l'usage du saindoux aux oubliettes; et l'habitude de l'usage du terme sagin a été prise très tôt. Alors que la clientèle rurale, et une bonne partie de la clientèle rurale implantée dans les métropoles urbaines et les petites villes moyennes a gardé l'usage culinaire de plats ayant un caractère stéréotypique régionalisé: tripoux, en ortographe à la française (Auvergne); mais M. Lacanal a donné à la terminologie occitane garrous le statut orthographique des termes en -on de l'occitan de référence; c'est que M. Lacanal est un double expert: expert de domaine (il est boucher-charcutier rural); 2° expert en psychologie sociale, il a su répondre, par son affiche (réclame) à une demande d'un certain type de clientèle caractéristique des cantons du pays toulousain et du pays de Foix, en 1996. Il ne s'est pas laissé faire. La méthode de l'expert est 1° adéquate 2° opportune 3° elle satisfait aux exigences du troisième critère de "conveniency".

3.4 Approche diachronique du concept d'implantation en socioterminologie spatiale.

L'intérêt du lexicologue des données dialectales diachroniques ou synchroniques pour le concept d'implantation proposé à exploration s'explique parce qu'il est pensé en termes de dynamique sociale, socio-linguistique, à la frontière, floue, des usages du lexique général (vocabulaire général) et du lexique pensé par rapport aux interactions dans les communautés de travail: le rapport entre lexique général et lexique de langue de spécialité n'est pas alors pensé en termes de distinction, mais en termes de "bricolage", de construction idéologique bricolée, dans un cadre institutionnel. On verra plus loin les effets induits d'une telle conception sur le choix de méthodes adéquates, et opportunes, s'agissant de la mesure du "processus d'implantabilité". Ce bricolage est un processus récurrent: ainsi, rien ne prédisposait mesèl (lexique ancien et moyen français; ancien occitan), du fonds général, à prendre des acceptions techniques; en tant que vocable général (mot-terme affectif de "compassion") mesèl a disparu pour des raisons objectives, sans doute liées à l'éradication de la lèpre; le terme s'employait en parlant de la lèpre, pour les hommes; et de la ladrerie porcine, en terminologie populaire et terminologie mi-savante", mal fondée sur la terminologie des usages populaires; il serait aisé de démontrer que dans les conditions d'historicité à préciser, la terminologie moderne de la pathologie vétérinaire a eu à affronter ce problème, lors de la fondation des premiers enseignements de pathologie animale, dans l'élaboration des cours de médecine vétérinaire, à partir de la création des Ecoles nationales vétérinaires, sous l'administration de l'Empire. Le terme mesel a été appliqué, enseigne l'histoire de la langue, en termes d'interaction, pour éviter, dans le face-à-face, de dénommer le lépreux/la lèpre , - notion répugnante- par son nom; c'est donc, en termes d'analyse de la langue comme "instrument d'action", un procédé utilisé pour éviter de faire "perdre la face" au lépreux, aisément distingué par ses attributs en marge d'une société fondée sur le principe d'exclusion. A ce titre, le lexème est devenu terme, ou pseudo-terme(?), à partir du moment où cette acception a été implantée par les textes de la législation sanitaire médiévale, avec ses répondants descriptifs; <chair de porcel seursemé et mesel >. La paire lexicale bricolée caractérise de manière stable, un temps, jusqu'au 15ème siècle, la syntaxe des sous-langues de spécialité; en sous-langue juridique; comme en sous-langage littéraire considéré comme langage spécialisé, selon l'hypothèse déjà formulée par Charles Bally. Il est démontré par ailleurs que mesel du vocabulaire général, peut être doté de sa carte d'implantation en socioterminologie spatiale, à partir des dépouillements de la littérature institutionnelle de l'Ancien Régime: c'est la preuve qu'une des langues de France, l'occitan, tout autant que le picard ou le lorrain, a la capacité de se doter de terminologies tant locales que supralocales, et que cette terminologie est constituée de manière à ne pouvoir échapper à la constitution d'ensembles terminologiques "mal fondés"; on verra quelle est l'incidence d'une telle appréhension des faits en termes d'axiomatique; si l'hypothèse est crédible, on ne tentera pas d'appliquer l'axiomatique des ensembles bien fondés à des ensembles mal fondés: déjà les linguistes épistémologues des années 60, derrière Granger, Mounin, parlaitent de "labilité"; propriétés de labilité; "structures labiles". Walter Von Wartburg, d'autre part, en rapport avec sa théorie des substrats, adstrats et superstrats, a pu ainsi éclairer, sinon expliquer la genèse de paires lexicales fondant le polymorphisme lexical, autrement dit la synonymie, les conditions de substitution des termes, en rapport avec notre analyse des faits d'interaction: le terme A, de fonds non roman, celtique, par exemple, se fixant dans les usages non marchands; le terme innové, produit de la latinisation, utilisé comme terme dans les échanges terminologiques commerciaux avec une clientèle: ainsi majofla_D (du fonds celtique), persiste, en tant que terme de substrat, pour désigner des objets alors sans valeur marchande (fraise des bois); fraise_F, du vocabulaire général latin (FRAGA_L), est candidat à terminologie de la mercuriale et s'implante très aisément sous forme adaptée dans le vocabulaire général exposé à néologie, sous la forme fresa_DF. On reviendra plus loin sur l'importance d'une phase temporaire majoufle_R, ainsi que sur l'analyse des caractéristiques scalaire, graduelle, du processus d'implantation. On peut de ce point de vue considérer' les deux facteurs de constitution de l'intersection lexique général/terminologie implantée: facteurs de dépendance d'une part; facteur d'autonomie d'autre part. Si l'on applique cette argumentation à notre exemple de départ, il est patent que le mot/terme garrous désigne non les morceaux de jarret", mais un élément appartenant à la classe des objets à moindre valeur marchande, très appréciés d'un type de clientèle. Il sera très aisé de falsifier cette hypothèse de la façon suivante: on démontrerait que la clientèle de M. Lacanal a conservé la capacité d'utiliser le vocable général, candidat au statut de mot/terme occitan desnosador ; ce dernier, en domaine occitan, désigne toute articulation que l'on défait par un travail de désossage attesté dans sa variation par l'archéologie des sites commerçants et sacrificiels (partage rituel). Dans ses conditions, un bon candidat à implantation provisoire serait nosèl_D, par occitan, ou du moins pan-languedocien, dont les répondants catalan et aragonais s'écartent peu; si l'hypothèse était vérifiée, à ma requête en français terminologique donnez-moi une tranche dans le nousèl > M. Lacanal n'aura aucune peine à comprendre qu'il doit me donner < une tranche d'aloyau > complet, et non une tranche de < contre-filet > L'intérêt de termes aussi larges que nosèl, candidat à l'implantation, est qu'il est susceptible de former un excellent candidat à l'unification non en termes d'aires ou de micro-aires de prétendus "pays", mais en termes de constellation "trans-statales", selon la terminologie proposée par le regretté Jacques Pohl: nosel a en effet des répondants légaux en italien, trentin, vénitien, napolitain, lombard, sicilien, sarde, espagnol, portugais, gallego, roumain, moldave et leurs dialectes; et le répondant français le plus proche serait alors noyau; il y a de bonnes chances pourque, dans un processus d'interaction, la dame d de notre exemple demande à L de lui talhuquer deux nousèls ; elle veut alors un rôti avec l'os; avec le nosel ; la vitalité des constructions NaN en français et dialectes d'oïl conduirait à une terminologisation de la suite bien formée NaN de type tranche A l'os; ainsi la mercuriale lyonnaise des années 50 portait mention spécifiante d'une < ranche à 3 côtes > Le vocable général occitan nosèl était devenu, dans les usages de la Gaule narbonnaise, comme l'atteste l'archéologie et la fouille linguistique parallèle, un "terme" répandu dans la terminologie bouchère: on pratiquait une découpe noeud par noeud, vertèbre par vertèbre, que l'on a pu, en terminologie des ensembles mal fondés, appelées côtes: on formait alors un sous-ensemble mal fondé que l'on appelait, en terminologie: costil ; restait à opérer par extraction, un costilhon pour désigner un sous-ensemble aussi mal fondé, à partir de la représentation d'un segment (fragment) de base osseuse (côte ou/et vertèbre lombaire, coire cervicale); on peut alors mieux comprendre ce que, dans le dialogue entre apprenti de la découpe et maître des techniques de découpe, pouvait vouloir dire un verbe tel qu'entrecôter, s'agissant du sous-ensemble côtes d'une part; et desnoselar, esquinar , s'agissant de la pratique de désossage du rachis: c'est à partir du verbe d'action esquinar/esquiar, que s'est formée la terminologie des usages en vigueur: esquiau dans les communautés de travail pyrénéennes obéissant au type gascon; esquinau dans les communautés de travail languedociennes, obéissant au type languedocien; il n'y a pas encore à ce stade formation de terminologie implantée; c'est la communauté de travail de Bordeaux, qui, en raison de la perte ancienne du gascon, a formé une pseudo-terminologie régionale qui a caractérisé les usages techhniques et juridiques polarisés autour de l'aire de diffusion et d'attraction du marché des viandes de Bordeaux: esquinau est alors le terme implanté; au point qu'il s'écrit en orthographe française: un esquinòs , des esquinó(s) ; il est alors donné comme invariable; et de là à le percevoir comme un terme français, comme un terme national soit implanté, soit candidat à l'implantation, il n'y avait, dans les années 60 qu'un pas. On schématisera comme suit, en conclusion, notre hypothèse, par le graphe qui suit:

SCHÉMATISATION GÉNÉRALE DU PROCESSUS DE CHANGEMENT D'ÉTAT

3.5 Critères utilisés en mesure de l'implantation en socioterminologie spatiale

On distinguera les critères d'implantation de la norme nationale et les critères d'implantation de terminologies territoriales localisées temporaires: - critères organiques - critères matériels - critère du pouvoir de commandement - critère du pouvoir de sanction - critière des capacités d'impulsion, recommandation, indication - critère de l'usage flou - critère du contrat terminologique avec les Organismes publics - critères de l'usage multilatéral par convention Il est vraisemblable, dans le cas de figure examiné que garron.D n'a jamais quitté le terrain, chez les populations bilingues; il a donné lieu à un développement lexical garroû, aisément lexicalisé dans la syntagmatique du vocabulaire général; enregistré dans les conventions temporaires, il est, temporairement, considéré comme terme; quand il réapparaît dans les usages commerciaux dans tel pays, c'est par stratégie de confusion entre mot dialectal et terme, facilitée par l'incrustation d'une habitude, dans les comportements alimentaires d'un pays, par exemple: la socio-géographie des comportements alimentaires fournit d'amples exemples de ce processus, et permet d'observer, au-delà de la fragmentation, la stabilité de comportements territoriaux stables, constituant de grands indicateurs, ou marqueurs de territorialité: ces propriétés territoriales constituent le site territorial.

3.6 Le déroulement d'une phase d'implantation: genèse d'un cadre terminologique -

Deux unités, voire (n) unités coexistent, sans que soit discuté, ni calculé leur ordre de priorité. - Des difficultés sont soulevées par l'utilisation des unités considérées comme termes marqués _D; la communauté européenne faisait dans ce domaine observer qu'il ne pouvait exister d'aide à l'unification, puisque chaque Etat disposait de son dialecte social propre et ne cherchait pas à impulser une recherche coordonnée dans ce domaine. - La diversité terminologique territoriale est comparable sur le territoire national que l'on examine les faits au nord, au sud, à l'est et à l'ouest.

3.7 Les conditions d'adoption des termes de référence nationaux

1° elle e opère une réduction des termes 2° Cette réduction est favorisée par les initiatives de l'Etat 3° Impultion-recommandation, indication d'un terme national supra-local 4° obligation de mention de ce terme (labels; étiquettes commerciales; on ne tolérera plus noix ronde_TOULOUSE -5° on déterminera une zone de degrés de libertés; on détermine les latitudes d'utilisation liassées, dans l'usage privé, dans l'usage public. 6° On crée ainsi un champ juridique d'obligation atténuée; la loi linguistique permet une telle interprétation.

Constat des différents types d'équilibres et de déséquilibrage possibles - modèles à terminologies locales dominantes - modèles à terminologies régipnales dominantes - modèles à comportements terminologiques nationaux - modèles graduels intermédiaires

Cette analyse nous conduit à tenter une première théorisation du concept d'implantation, fondée sur le concept juridique de consentement multilatéral des usagers et des autorités de droit, en accord avec les définitions proposées par Loïk Depecker. Le complémentaire positif de ce concept est alors celui de "sacrifice" progressivement consenti de terminologies antérieures locales: on aménage au prix d'un élagage. Son complémentaire négatif est celui de non-droit à une terminologie locale ou supra-locale. Dans ce domaine, les experts professionnels, ont longtemps illustré dans leurs discours expert, comme dans les pratiques, un comportement de contestation du principe de non-droit à des usages terminologiques locaux, terrorialisés. L'échange entre domaine X.D // X_F représente un processus graduel forcé , un mouvement forcé. Pour qu'il y ait implantation, il faut avoir démontré que le mouvement dont on mesure la gravité relève des processus et mécanismes de mouvement non naturel, mais forcé.

On peut alors parler de comportements de résistance aux stratégies d'implantation, en termes d'analyse des conduites de résistances. - les positions radicales anti_D: il faut abolir les terminologies locales; il faut abolir le socle local. - Les positions anti_R-: il faut abolir les usages supra-locaux et inculquer la terminologie marqué _F; il faut faire du socle français: il faut vendre français; le boeuf français; l'agneau français; les labels français - Les positions modérées ou radicales anti_F: anachoresis en dialectologie sociale (comportements irrédentistes , observation de niches irrédentistes) - Les positions de partage

On peut dans un domaine tel que le nôtre citer encore de nos jours quelques cas symboliques d'anachoresis terminologique locale; chez les basques, les bretons, les alsaciens, voiure chez les occitans: la persistance de traces terminologiques tant dans le désert toulousain que dans le désert de Midi-Pyrénées (garron... avec l'accent de Lézat, de labarthe-sur-Lèze); ces cas ne doivent pourtant pas faire illusion sur les chances de retour, de remontée des terminologies populaires antérieures. Cependant ceci en dit long sur le concept de contrôle non compact des territoires, y compris linguistiques.

3.8 NÉOLOGIE DANS UN PROCESSUS INTERACTIF: GÉNÉRALISATION

Le dialectologue qui n'étudie que le monologue de son sujet parlant, soumis au feu de ses questions, a déjà pu, de son observatoire, indirectement, et, très occasionnellement directement, observer soit dans le lexique général, soit dans des franges technolectales du lexique la fracturation des usages lexicaux, les effets induits du mouvement d'implantation du français (actions en faveur de l'implantation du français, langue nationale). Comme exemple de point de départ, considérons les conditions d'activation d'un lexique dialectal de caractère général, à faible spécialisation pour le concept trivial "torchon": chiffon utilisé soit pour laver, soit pour essuer la vaisselle. C'est l'unité de décompte tòrcla, substantif féminin singulier, qui est sélectionnée: tòrca_D "torchon" est un vocable caractérisé par son aire de diffusion, mesurable, représentable, à partir d'une base de données classiques. Pour des exemples pris à d'autres domaines, on renvoie, ici même, aux analyses des rapports entre vocabulaire général et constitution de terminologies locales pour le domaine "minier" (Isabelle Villebrun 1996) Supposons, dans une perspective soumise à des conditions d'historicité, qu'à une première phase, tous les sujets interactants d'une communauté apprennent, avant 17 ans (seuil critique du point de vue linguistique), le vocable général tòrcla, inscrit à leur unique registre lexical accédé. L'une des caractéristiques d'usage du vocable est qu'il devient terme, implanté dans un domaine d'usage; il est employé de manière adéquate et opportune pour dénommer toutes les sortes de chiffons utilisés pour laver, pour essuyer, pour nettoyer (essuie-mains), pour transporter, sur la tête, notamment, des charges (de liquide): son usage est lié aux conditions d'activité ménagère; ce taux de polysémie normal caractérise l'usage d'un vocable et contribue à son implantation, par le taux normal de répétitivité; les jeunes de la communauté ont souvent entendu le terme (tâche auditive), et ont eu l'occasion de répéter très souvent le mot, polysémique et polyfonctionnel. Un des premiers effets induits, à seconde phase, du mouvement de francisation - on parle ici de la poussée du français (mouvement non naturel, mais forcé au plan idéologique et fonctionnel) devrait normalement obliger le sujet interactant à adopter immédiatement torchon, voire à l'intégrer à son vacabulaire général: torchon_DF (lecte français dialectalisé); cet événement n'a pu qu'être largement favorisé par le jeu du marché proprement dit; à première phase, la ménagère se fabrique elle-même ses torchons, avec de vieilles peilles ; de vulgaires perrècs ; à cette seconde phase, la fermière, au marché cantonal, après avoir vendu sa volaille, va acheter des torchons soit à des marchands ambulants qui en font la réclame en français, soit à des marchands de tissus sédentaires du village: mais torchon_DF implanté n'est pas la seule solution. Un des premier effets induits de la poussée du français est la création d'un registre temporaire, d'un dictionnaire temporaire de vocables dialectaux adaptés à l'oreille et à la graphie française: tòrcla_D est alors restitué et accédé sous la forme t ò r c l e, sans écart de sens, mais avec écart formel significatif de ce processus. Les conditions d'activation du lexique obéissent alors à une loi de symétrie: tòrcle_DF est le symétrique polyfonctionnel de tòrcla_D, pour un sujet normal, à seconde phase. Cela suppose un apprentissage de règles et contraintes spécifiques à la langue nationale, et hyperentraînement, dans une perspective d'apprentissage procédural, à la création d'unités de décompte conformes au système et aux normes de production du lexique français. A une troisième phase, essentielle, du point de vue de l'observation de l'implantation, torchon_F est éliminé si le sujet échoue en phase 2 à se perfectionner en français langue seconde; en revanche, si la langue 1 est soumise à attrition (déperdition), torchon_DF fait paire avec torchon_F dans les activités dialogales normales des sujets interactants. On peut alors, en approche fonctionnelle du rapport entre catégories de données élémentaires et classes de conduite terminologique, considérer le déficit chez les sujets interactants d'un quadruple point de vue clinique: - déficit en termes X_D - déficit en termes X_DF - déficit en termes X_F - déficit en termes dits FREG (français régiona) La création d'une série intermédiaire constitue un temps de "récupération" et permet aus sujets interactants, de faire face, sans "perdre la face. Il est très aisé de valider cette hypothèse de départ, en construisant, à partir de la base de données, l'index partiel de fréquence des unités de décompte marquées X_DF d'une part et se référant àun ensemble de domaines concernant divers aspects du travail pour une communauté de travail donnée: lessivusa_DF (lessiveuse: de telle marque), vainqueur de *bugader_D, de ruscader_D, "cuvier à lessive en écorce". chèina_DF, candidat concurrent qui fait paire de mots avec les continuateurs directs et légaux de cade(n)a. poleja_DF et la forme qui fait paire polia_DF, concurrents triomphant des termes de la terminologie endémique carrèla_D (poulie de puits; poulie en général) Un des faits significatifs est que ce processus atteint d'une part un sous-ensemble important du lexique de travail, et, parallèlement, un sous-ensemble important de lexique marqué intensif: tissous (11 BRAM) est marqué soit dialectal tissós_D soit calqué_DF; il n'obéit pas ici au type français (type épais/épaisse); il obéit au type orthographique français (exquis/exquise). De même tilhut CCC avec l'acception de "coriace" en français parlé sud-occidental, obéit au type roman (occitan) graphique et non au type français: < elle est tillude, cette viande > Lessivusa_DF est une solution temporaire avant éviction et substitution; au terme de l'évolution, reste seulement en mémoire lessiveuse_F, implanté alors définitivement. A phase initiale, on faisait la lessive dans un bugadé, dans un ruscadé, sorte de cuveau fait en écorce; puis les ménagères, au fur-et-à-mesure qu'elles disposaient de liquidités, au retour du marché bi-hebdomadaire où elles vendaient la volaille, achetaient chez les quincaillers ambulants ou fixes du canton casseroles, lessiveuses, cocottes, transformées en coquèles/couquèles ; la néologie casseròla_DF s'installait très vite dans le vocabulaire général; lessiveuse n'y entrait pas si vite; car les endémiques ruscadé, bugadé, implantés en vocabulaire marqué_R résistaient, en partage distributionnel avec le candidat à implantation lessiveuse; la néologie lessive se heurta a l'existance dans le vocabulaire commun d'un vocable masculin singulier lessiu, là où il était fixé; puis on prit l'habitude d'utiliser la suite < faire la lessive > facilitée par l'implantation de l'instrumental féminin lessiveuse. On ne fait en quelque sorte qu'observer ici une situation de partage distributionnel qui constitue le polymorphisme lexical. Bénédicte Van Gysel (Van Gyser 1995 BE 4-3) ne formule pas d'autre constatation à son article puiseuse, s. f. sg._INSTRUMENTAL, spécificité marquée X_FB (français de Belgique) pour la solution générale marquée X_F trocart (terme de médecine vétérinaire). Les sujets qui ne veulent pas perdre la face bricolent régulièrement des distributions temporaires, appelées "pseudo-distributions", en termes de "pseudo-phase": mais ici, on pourrait formuler l'hypothèse de la productivité des instrumentaux féminins en -euse à niveau dialectal d'oïl: puiseuse, lessiveuse; foreuse; faucheuse; bineuse; ainsi pistolet_F, urinal_FB constitue un polymorphisme second; l'une des stratégies des sujets interactants est de retenir les deux unités de décompte en les spécialisant, en pseudo-phase: pistolet_F = urinal < pour homme > (Valid B2 33 Van Gysel 1995). La validation de ce type d'hypothèse, à nos yeux,requiert une enquête dont l'objectif est le recueil d'attestations, et l'interprétation prudente qui s'impose des données polymorphes cartographiées après traitement conforme aux méthodes d'analyse exploratoire de données: nous reviendrons plus loin sur les résultats de telles méthodes. Nous voudrions, avant de généraliser et de conclure, faire état des conditions de fixation de technolectes dialectaux, pris à un domaine du rapport dialectique entre vocabulaire général et du lexique spécialisé, qui repose sur ce type de bricolage.

4. CONCLUSIONS

4.1 L'implantation d'un terme sur "site régional", s'agissant un secteur économique crucial touchant de près, directement ou indirectement, les finances publiques, ne peut être considérée comme simple processus d'installation de vocabulaires particularistes chez les personnes privées (sujets, experts privés, considérés à partir de leurs manifestations discursives privées. A l'inverse, la constitution d'un niveau terminologique territorialisé repose sur l'usage qui est fait en public, et reconnu en termes de droit commercial public, d'unités qui, alors, font termes, pour le domaine en question. Mais les choses ne sont pas si tranchées que peut le laisser croire une telle prise de position, trop abrupte; la reconnaisaence du caractère public est toujours le fruit d'une stratégie; il s'agit de la reconnaissance d'un statut temporaire, par la littérature administrative, réglementaire, impliquant les engagements des personnes professionnelles semi-publiques, avec l'ensemble des gouvernants territoriaux. L'implantation se distingue très nettement de l'utilisation et de ses indices, dans la mesure où elle dépend - des moyens juridiques mis en oeuvre par des personnes ou organismes publiques et semi-publiques pour exercer le droit terminologique. - de son efficacité, mesurable par la carte politique, économique, socio-économique, qui représente, en termes de structures évolutives, le poids d'un ensemble terminologique donné, partagé, sur un site, ou un ensemble de sites. Il devient alors possible de calculer la distance du site à une norme simple, et la distance de la norme au site. La théorie de l'implantation à laquelle nous nous rangeons obéit alors à une loi de gouvernement, autrement dit à la mesure du rapport variable gouvernant/gouverné. Si l'Etat, considéré comme "réunion des gouvernants", en vient à se doter, pour un domaine d'activité économique, d'un projet de terminologie unifiée portant sur l'ensemble du territoire national, il s'appuie sur les autorités locales publiques, qui constituent la "réunion des gouvernants des communautés locales" (législation de l'archive départementale; législation communale relative à la taxation des prix et à l'état sanitaire) Toutefois, le processus d'implantation ne se définit pas par rapport à un principe juridique d'injonction, commandement, il obéit plutôt au principe moderne d'impulsion mis en avant par les juristes (Bouvier) Il est significatif, dans le cas examiné, que le processus d'implantation soit passé par l'étape-relai de la mise en place d'un niveau d'intervention économique, le F.O.R.M.A, partie du secteur institutionnel normé comme peut l'être la Sécurité Sociale, la S.N.C.F. Par implantation, il faut entendre, par effet induit, obligation faite aux professionnels citoyens d'enseigner, soit à niveau national, soit à niveau territorial défini en rapport avec les Communautés de travail, une terminologie complexe qui comprenne les strates - des terminologies territoriales temporaires - des terminologies nationales unifiées, servant de modèle temporaire candidat à l'hégémonie. Nous avons conduit de telles enquêtes en Espagne (Santander, San Sebastian, Zaragoza) et validé, pour l'Etat Espagnol, la genèse de l'implantation terminologique; en Italie; en Belgique rromane et flamande; en Suisse (Genève), pour la communauté Française; en Allemagne, et, en rapport avec les langues germaniques, avec l'état des lieux terminologiques en Alsace.

A l'opposé de ces principes, les citoyens professionnels du secteur économique, faisant interprofession, définis par leurs rapports mutuels, agissent et réagissent en modifiant le rapport formant-formé des terminologies, par accord mutuels temporaires: ce qui explique plus que leur résurgence; leur rémanence, au seuil de l'Europe de l'an 2000. On interprète alors les résultats acquis comme résultats d'une stratégie de compromis ou métissage entre terminologie de droit public et terminologie de droit privé. La thèse est aisée à illustrer: obligation est faite à Montpellier (1810, 1850; 1927) de contrôler l'état des pelettes; le mot local à substrat occitan est pris pour terme et fait terme; ce mot d'usage privé, régi par un code linguistyique préétabli, accède temporairement au statut de terme régional institué; ceci résulte d'un accord mutuel temporaire explicite entre usage linguistique local et autorité locale; c'est l'accord mutuel qui fait terme, et non le rapport formant-formé défini par la sémantique cognitive ou la morphologie cognitive. Cette situation de compromis, était, partout en France, en vigueur dans les années 60; il exprimait, à sa façon, le rapport entre normalité juridique et "rapports sociaux" tels que peut les définir une anthroponomie terminologique. Une "machine d'experts"a été alors mise en place, dès les années 40; il est vite apparu que la machine d'experts était elle-même le lieu d'antagonismes, une machine complexe, et diaparate. On a pu longtemps considérer, par erreur, que la machine d'experts était une usine a fabriquer une norme supra-locale (thèse erronée du "complot"); la machine experte dans la société politique contemporaine, obéit à l'inverse au principe d'impulsion et de négociation (Bouvier 1995, 133); à une culture terminologique installée, elle propose, par étapes, et par des stratagèmes d'inculcation, de greffer une terminologie unifiée; elle devient alors une machine de pouvoir, de domination technologique, économique et financière. Face à cette machine experte, les professionnels, répondent en termes de capacités adaptatives, ce qui aboutit à des rééquilibrages par étapes; les résutats sont parfaitement mesurables, avec toute la prudence qui s'impose, donc cartographiables. La carte de la machine terminologique est une carte qui dresse pour les terminologies territorialisées, leur état, la carte des changements d'états, puisque ces structures terminologiques sont considérées comme structures évolutives. Il reste sans doute à déterminer, voire à démontrer, en termes de gains et de pertes, qui est le vrai gagnant de cette affaire.

4.2 FRAGMENTATION ET IMPLANTATION TERRITORIALE

La préoccupation essentielle d'une approche dialectale des usages "terminologiques", voire le péché mignon du dialectologue, effet induit d'une de ses tâches professionnelles (cartographie) a été et est d'observer et de décrire les sous-ensembles lexicaux comme sous-ensembles "mal fondés", en corrélation avec les processus complexes de fragmentation de la société rurale, entre dépendance et autonomie, à un moment où celle-ci, se trouve fragilisée par rapport à la mise en place d'un nouvel ordre national. Certaines de nos approches ont contribué à mettre en évidence des facteurs d'autonomie de groupes sociaux, groupes d'usage terminologique traditionnel polarisés, caractérisés par leurs marques de cohésion lexicale et terminologique, entre autres; mais en même temps, caractérisés par ce que l'on appelle, dans le jargon du métier, "taux de polymorphisme lexical et terminologique", dans un processus qui nécessite la prise en compte des "interactions". Dans cette perspective, le polymorphisme des usages terminologiques à phase ou "pseudo-phase" d'implantabilité, apparaît comme un construit idéologique et institutionnel. K. Baldinger, a pu ainsi dresser une carte du cheminement de la lexie terminologique roturier dans la France de l'Ouest, en rapport avec la présence du terme dans les sources juridiques régissant le statut du travail agricole. Pour cet ensemble de raisons, la mesure de l'implantabilité des termes, pris un par un, semble ne pas pouvoir relever de l'axiologie des ensembles bien fondés, ensembles fermés, mais bien plutôt d'une axiologie de ce qu'on appelle, en termes de mathématiques appliquées aux Sciences Sociales, ensembles "non bien fondés"; on peut, dans une approche procédurale, arrivés à ce point, être assisté par la méthodologie de représentation des solutions de problèmes utilisant, entre autres méthodes, la théorie des graphes acycliques directionnels, autant que les chemins multiples de l'analyse exploratoire des données relevant d'une axiologie des ensembles non bien fondés. Ce n'est pas ici le lieu de dresser l'état de l'art de telles méthodes, générales.

4.3 UNE FRONTIÈRE FLOUE: LEXIQUE GÉNÉRAL/LEXIQUE SPÉCIALISE.

Une première frontière floue est celle des domaines dits de lexique général et de lexique dit spécialisé. Dans une optique qui est celle de l'observation des processus d'interaction, une telle distinction est partiellement inopérante, pour peu que l'on considère les unités de décompte non comme unités de la statistique lexicale, mais unités négociées par les sujets interactants dans une communauté de travail: les contraintes d'interaction, dans des formes historiques de construit institutionnel, expliquent par exemple, la construction d'un champ terminologique institutionnel provisoire et interpersonnel dans bien des domaines qui sont essentiels pour expliquer la mutation réglementée que subit une société rurale, exposée soit à la nationalisation, soit à la mondialisation de problèmes, au contrôle juridique à cette double échelle; l'implantabilité terminologique ne peut alors qu'être pensée en termes de rapports d'autonomie et de dépendance des sujets intecactants: on le verra plus loin par quelques exemples venant à l'appui de la démonstration proposée.

4.4 RÉGIONALISATION FLOUE

Le concept de régionalisation, taux de régionalisation, permet de proposer une vue des groupes de comportement de groupes d'interactants. On étudiera ici plus spécialement les facteurs qui facilitent l'implantation de termes innovés, et les facteurs qui, à l'opposé, empêchent, ou retardent ce processus (facteurs inhibition), en cherchant à définir ce que peuvent être, par rapport à un ensemble de problèmes à résoudre, le rapport entre réglementation et contraintes pesant sur le processus d'implantation. Le caractère flou de la régionalisation terminologique est aisé à mettre en évidence dans des sub-classes formant groupe formel compact: aoinsi le groupe NdN2goéographique dans la terminologie des usages culinaires normés: (a) marqueur de régionalisation floue gras-doubles à la provençale gras-double à la mode de Caen tripes à la mode basquaise tripes à la mode bigourdane tripes la mode de Luchon etc... (b) marqueur de "façon floue" garrous sauce ravigote garrous en sauce ravigote garrous ravigote On trouvera en annexe 1 une liste de candidats à l'implantation de suites en A (a/b). Le lexicographe sait bien que cette série formelle structurée synaxiquement et sémantiquement par la construction en <à la> est le résultat d'une construction idéologique fixée par les terminographes du domaine, entre le 14ème et le 17ème s. en France. Imaginons un instant un dialogue entre Cuisinier Royal ou bourgeois, caractérisé par son intention d'implantation du syntagme " à la française". Cu.- Bonjour, Monsieur, je vous propose aujourd'hui à la carte, notre délicieux <gratin de tripes à la bigourdane>. CL.- Ah il y a des galutres, au menu. Cu.- Mais non, monsieur, nous n'avons pas ça à la carte: nous avons un gratin de tripes à la mode bigourdane; CL.- Bon, alors, je voudrais des baudanes. CU: Je vous dis, monsieur, que nous n'avons pas ça. Cl.- Bon, alors, dans ce cas, je retourne à la maison manger ma < fricassée > et <faire bambaille >. Cette anecdote imaginaire, est très impossible; elle représente ici en fait une impossible synthèse par collage de morceaux disparates; racontée pour faire image, elle est à mettre en relation avec ce que, dans une approche pragmatique, nous appelons bouclage dans un processus d'interaction, dans un sens légèrement différent du sens que donne au terme Claudine Olivier (Olivier 1996; communication personnelle et communication au Séminaire 1996 Sciences du Langage UMR 5610). Cette dernière, définissant l'interactème dans un cadre pragmatique, met en évidence ce qu'elle appelle "écart de sens" entre éléments d'un acte de langage localisé et daté, et nécessairement négocié en interaction; elle éclaire, par là même, une partie de la problématique de la construction idéologique et institutionnelle du sous-ensemble flou des unités terminologiques de type local, régional, formant stéréotypie scalaire, non compacte. Le comportement verbal stéréotypé de Cu est caractérisé par sa cohérence et sa compacité; celui de Cl est fondé sur le principe de distinction sans coopération; un Cu plus habile aurait négocié en mettant à l'affiche: < Monsieur, aujourd'hui, je vous ,propose un magnifique couhard à la médocaine >. Satisfait, le client aurait adopté la proposition; mais le cuisinier n'aurait pas, comme on dit, "perdu la face". Que de tels écarts et de telles négociations puissent être évalués par une axiologie des ensembles non bien fondés ne fait plus, alors, pour nous l'ombre d'un doute; nous déclarerons inopportune, voire inadéquate, dans de telles conditions, toute autre axiologie et tout système de mesure ne prenant pas en charge les principes mêmes d'une telle axiologie. Du même coup, nous avons quelque peu précisé nos objectifs et notre méthode d'analyse des effets de bouclage, de production de "boucles-relais", reprenant à notre compte une terminologie heureuse et parlante proposée par Claudine Olivier (Olivier 1996, communication personnelle). Quand mon témoin de départ L a affiché < garrous ravigote >, il a bricolé une terminologie temporaire et provisoire, destinée à répondre à une demande psycho-sociale d'une clientèle, définie en termes d'interaction, en milieu de travail; cette pratique est bien fondée dans les comportements verbaux de la boucherie française, qui n'aurait jamais dû cesser d'être ce qu'elle est encore, locale, et rurale, à partis même, à Bordeaux, comme à Lyon. C'est alors au déroulement interne du processus d'interaction verbale que nous serons attentifs, dans l'analyse des exemples qui vont suivre. Les exemples seront pris d'une part au lexique général, avant d'être empruntés à une strate plus spécialisée du lexique, susceptible de faire terminologie de phase, en rapport avec une conception interactive du processus de mise en phase. On peut ici objecter à l'argumentation avancée, que dans le cas de figure invoqué, il s'agit de terminologie jouée, dans une sorte de jeu de rôle local, sans incidence sur l'implantation terminologique proprement dite, sans reconnaissance juridique, légale; mais n'est-ce pas oublier que la loi linguistique en France laisse à la personne, au personnage le libre choix de ses conduites verbales? Toutefois, je poursuivrai ma démonstration en établissant que les choses peuvent fort bien prendre une allure juridisée, dans la politique d'attribution des labels, par exemple; il suffit qu'une association de producteurs veuille défendre un produit, par exemple le chevreau de lai local (caractérisant un site massif) , soit l'agneau de lait caractéristique d'un type de production : les acteurs sociaux ont alors le choix entre deux stratégies: 1. stratégie d'implantation du produit par recours à une terminologie géographique explicite: le chef de file serait alors agneau < du Lot >; agneau des < Causses du Quercy>; cette spécification par N2 géographique a été très productive dans l'histoire de la mercuriale des produits agricoles en France; pomme de terre < de Noirmoutier >; elle s'applique non seulement aux produits d'alimentation carnée, mais à l'ensemble de la production agricole, notamment quand se met en place une politique de relance, qui nécessite une action d'implantation. La stratégie subsidiaire aboutit à l'implantation d'adjectifs géographiques: en ard (caussenard); en -òl (quercinòl). La seconde stratégie, consiste à utiliser un vocable général en usage sur le marché du site massif (marché des laitons de la mercuriale officielle: laiton AFNOR n'est pas encore implanté; du moins bien implanté; dans ces conditions, peut se mettre en place une stratégie qui fasse monter à niveau proprement terminologique officiel le vocable du lexique général, avec les caractéristiques du type phonologique du Langedocien occidental: lachon, prononcé /lats'u/ est alors intégré, avec une ortographe occitane, à la terminologie temporaire que se crée un groupe de producteur: groupement de producteurs de latsous est alors enregistré dans la production écrite officielle (statuts de groupes; législation nationale des labels). La procédure, le processus, sont les mêmes que précédemment; dans le second cas, l'implantation a abouti à un acte terminologique massif; dans le premier cas, l'acte terminologique est le même, mais à l'échelle d'un groupe local de jeu théâtral, sans qu'il y ait d'enjeu commercial supra-local visible, à proprement parler; ce jeu est toléré par la loi linguistique en France.

Annexes

Annexe 1 DONNEES PREMIERES POUR LA CARTE DE TERMINOLOGIES TERRITORIALES LIEES AU MODE DE PRODUCTION

Le marqueur utilisé :es Pr: usage privé Pu = usage public NT= non terme TT= terme temporaire

abignades_MARSAN/CHALOSSE_Pr_NT abracadis_TOULOUSE_Pu_T abracadis-d'aloyau_TOULOUSE_Pu_TT abraquedure_LANDES_ORTHEZ_Pr/Pu aiguillette_BORDEAUX_AGEN_Pu_TT aiguillette ferrée_BORDEAUX/AGEN_Pu_TT ampette_BEARN_Pu_TT anchau_DORDOGNE_Pu_TT anguille-de-caprain_BORDEAUX_Pu_TT anguille d'épaule_BORDEAUX_Pu (1936)_TT anguille de cuisse_BORDEAUX_Pu (1936)_TT arneillà_TARBES_Pr anouil_MEDOC (mercuriale sur 100 ans)Pr ==>Pu ===>TT anouille_MEDOC_Pu (mercuriale sur 100 ans) atteinte_LILLE_Pu_TT ausse_TOULOUSE avoir-de-la-brague_TOULOUS_Pr_NT avoir-du-bragué_GASCOGNE_Pr_NT avoir-les-manets_TOULOUSE/ALBI_Pr_NT avoir-les-oiseaux_LANDES_Pr_NT? badart_CAMBRAI_Pu_TT bambàillous_TARBES_Pr/PuTEMP_NT baticol_TOULOUSE_Pu (fax; commandes par internet)_TT bec-d'auque_AGEN_Pr/PuTEMP_TT béquet_LUCHON/PERPIGNAN/BEZIERS_Pr_TT béquets_MARSEILLE_Pu_TT bésanque_GARD_Pr/Pu_TT birounèle (avoir la --)_Pr_NT biscourille_PAMIERS_Pu_TT boudaine_CAMBRAI_Pu_TT boun-diu_CHALOSSE_Pr_NT bourrèc_Pu (mercuriale sur 100 ans)_TT bourregòt_ARIEGE/sobriquet_Pr_NT bourrègue_TOULOUSE/PYRENEES CENTRALES_Pr_Pu_TT bourrégué_ARIEGE_nom de métier_Pr_Pu (patente) bourretier_Pr_Pu (patente) bourret_TOULOUSE_Pu (mercuriale)_TT bourrette-TOULOUSE_ARIEGE_Pu (mercuriale) bourrut_CANTAL (marchand de --)_Pu (Mercuriale) boutifar_TOULOUSE_CARCASSONNE_Pr/Pu boutifarre_TOULOUSE/MONTPELLIER_Pr/Pu (produit taxé) brague_GERS/Pr/Pu législation des abattoirs brau_GERS_Pu (Contrôle étatique 17èlme s. Intendance)_TT brille-du-foie_AUCH-TOULOUSE_Pr brilles_AUCH/TOULOUSE_Pr+Pu brilles-du-cou_AUCH_Pr/Pu (législation des abattoirs)_TT brilles-du-ventre_AUCH_Pr/Pu (législation sanitaire)_TT brilloûs_TOULOUSE/LAVAUR_Pr_NT brusc/AUCH/TOULOUSE_Pr/Pu brusquet_ARIEGE_Pr/Pu caillon_BORDEAUX_Pu_NT camagnoû_LANDES_Pr/Pu (éco-label en industrie agro-alimentaire) camaujòt_LANDES_Pr/Pu canère_GERS_Pr canet_BORDEAUX-_Pu canet-d'épaule_BORDEAUX_Pu_TT cansalade_TOULOUSE+Pu (produit taxé, commandé par réseau électronique) cap-couston_LANDES caprain < dans la coupe à la bordelaise >_Pu_TT carbonade_TOULOUSE carbouade_LANDES carnalòs_MONTREJEAU_Pu carnissoû_TOULOUSE-PR chabòrre_CHALOSSE_Pr chamangòt_BAYONNE/MAREMNE_Pr_NT chichons_LANDES < à la landaise >_Pr_PU_TT chigogne_BORDEAUX/SAINTONGE/AGEN_Pu_NT chingarre_BAYONNE_Pr_Pu_NT chingarre-grasse_BAYONNE_Pr chingarre-magre_BAYONNE_Pr chiscle_LANDES_Pr/Pu clinquettes_LYON_Pu/TT cloquette_TOULOUSE/AUCH cornilière_CALVADOS/MANCHE/VIRE_Pu_TT côtelette-du-mail_AUCH/BORDEAUX_Pr_Pu_TT côtelettes-au-creusot_CAMBRAISIS_Pu_TT côtelettes-au-croquant_LILLE/CAMBRAI_Pu_TT côtes-à-l'atteinte_LILLE_Pu_TT couach_BEARN/PAU couard_LYON_Pu_TT cou-d'oie_LANDES_Pr/Pu_TT coudach_BIGORRE-BEARN_Pr_Pu_TT coudau_DAX/BAYONNE/ST-SEVER/BORDEAUX couhard_MEDOC < à la médoquine >_Pr_Pu_TT courade_AUCH_LANDES_Pr couradille_AUCH/AGEN_Pr_Pu_TT couralette_PYR_Pr coustille_AGEN_Pu_TT coustilloû_TOULOUSE_Pr-Pu couston_LANDES_Pr/Pu (éco-labels) coustoû_TARBES_Pr_Pu_TT cracadé_GERS_Pr cracadère_GERS_Pr_NT crête_AGEN_Pu (taxe) creusot_LILLE_Pu croisure_LILLE_Pu_TT crouchidère_GERS croûtu_BAZAS_Pr/Pu cruchade_LANDES crussentèle_TOULOUSE culas_DOUAI cuni_LYON_Pu curroû_ARIEGE derrière-de-penon_BORDEAUX descoublade_SAULT_Pr desfarde_BORDEAUX_Pr_Pu_TT (calcul de rendement) desmailler-GASCOGNE_Pr_NT desnousadé_GASCOGNE desnousadou_LANGUEDOC dios_OSSAU_Pr_NT doublé-PYRENEES CENTRALES_Pr_Pu_TT doublère_PYRENEES CENTRALES entrebic entrebiu entrecôte entrecôter épalard erbé_LANDES (faire l' --) erbèire-LANDES_Pr_NT escanadé_PYRENEES CENTRALES escrancadou_LODEVE_Pr_NT esquiau_LANDES/BEARN esquinau_BORDEAUX faire le jastre_BORDEAUX_Pu_TT faude_AGEN faudil_TOULOUSE_Pr_Pu_TT fòde_AGEN friton_TOULOUSE/LANGUEDOC gahusades_MARSAN_Pr_NT galinette_GARD/MARSEILLE_Pu_TT galutres_TARBES_Pr ganeille_GRANDE-LANDE ganurre_LANDES_Pr garre_PYRENEES CENTRALES_Pr garrette_AGEN_Pu garroû_PYRENEES CENTRALES_Pr garroû-moufle_LANGUEDOC_Pr gasaille_PYRENEES CENTRALES_Pu gautissoûs_TOULOUSE_Pr glané_LANDES/MEDOC < à la landaise >_Pu glichoû_LILLE_Pu gòde_TARN_Pu gòt_BAYONNE goulà_PAU-BORDEAUX/BAYONNE gourmand_NIMES gras-de-brague_BORDEAUX_Pu gratons_Pr/PU (label) gros-bout-de-caprain_BORDEAUX_Pu grosse-croisure_LILLE_Pu groton-de-poitrine_LYON_Pu groton-d'épaule_LYON_Pu grumeau_LYON_Pu guite_TOULOUSE/AUCH_Pu guite-longue_TOULOUSE_Pu haude_AUCH-BORDEAUX_Pu (aude) jarron_SAINTONGE/AUNIS_Pu jastre_BORDEAUX/AUCH/DAX_Pu (étage technologique) jimbourrà_ENTRE-DEUX-MERS_Pr jointe_ST-ETIENNE_Pu jourgue_ARIEGE_Pr/Pu (mercuriale) laits-grasses_GERS_Pr_NT levée_LILLE_Pu levure_BORDEAUX_Pu levure d'épaule_BORDEAUX/TOULOUSE_Pu liste-longue-TOULOUSE_Pu liste-plate_TOULOUSE_Pu longuet_TARBES_Pu loumbet_CARCASSONNE_Pu loumat_ST-VINCENT-DE-TYROSSE loumet_LANDES_Pu mail_BORDEAUX/AGEN/DAX/BAYONNE mailluc_TOULOUSE malebrade_SIDOBRE malheureuse_BORDEAUX malòs_LOMAGNE_AUCH mane_PYRENEES CENTRALES_Pr/Pu (mercuriale) manèi_MEDOC maner_MEDOC manetier_CANTAL manouls_LODEVE/LA CANOURGU_Pr_Pu_TT manteau_LYON_Pu_TT marcu_LANDES_Pr_Pu_TT marran_PYRENEESPr/Pu (mercuriale) marrane_LANGUEDOC_Pr/Pu (législation sanitaire) marre-LANDES marròt_PYRENEES massette_TOULOUSE/MARSEILLE_Pu_TT masel_TARN (faire --)_Pr mégine méginette_GARD meille_TOULOUSE melsat_CASTRES_Pr/Pu (label) mesquis_BORDEAUX_Pr-Pu+TT mettre-de-la-brague_Pr_NT (vocable de jargon professionnel) mèusse_GASCOGNE_Pr mince-croisure_LILLE_Pu_TT moufle_TARN-TOULOUSE_Pr_NT mouchon de poitrine_LYON_Pu_TT nache_ROUEN/PAU/ARAGON/_Pr/Pu noeud-du-Roi_LILLE/DOUAI/CAMBRAI/Pu nombre_BORDEAUX_DAX_BAYONNE_SAINTONGE_Pu_TT nombre-du-cou_DAX-BORDEAUX_Pu òs-bertran_LANDES os-de-Madame_PERPIGNAN_Pu os-du-marcu_LANDES_Pr òs-guilhèm_LANDES_Pr osseline_TOULOUSE_Pu palanque_DAX/BAYONNE/BORDEAUX/LIBOURNE_Pu palette-de-caprain_BORDEAUX/BAZAS/LIBOURNE_Pu_TT pamparre_LANDES_Pr pampe_GRANDE-LANDE_Pr/Pu (mercuriale) pampine_BORDEAUX_Pu pansil_ARIEGE_Pr pansòt_BEARN_Pr panturroun_GRANDE-LANDE_Pr/Pu (éco-label) patatrà_ENTRE-DEUX-MERS_Pr peau-de-haude_BORDEAUX_Pr/Pu pedouillet_BIGORRE_Pr/Pu pelade_BIGORRE/Pr/Pu pelaille_SAULT pelette_MONTPELLIER_Pr/Pu _TT(législation sanitaire) penon_BORDEAUX/DAX/BAYONNE_Pu_TT petit-bout-de-caprain_BORDEAUX_Pu_TT pièce à queue_LILLE/DOUAI_Pu pièce-de-la-dame_MASSAT pièce-de-Madame_PERPIGNAN_Pu plot_LYON pomme-de-bru_CAHORS+Pr/Pu poumèl_TOULOUSE poumpil_TOULOUSE_Pr/Pu primau_BAREGES_Pr/Pu primpier_SAULT/CARCASSONNE/ST-ETIENNE_Pr/Pu prin_LYON/Pu raccource_LILLE_Pu_TT raccourçure-épaisse_LILLE_Pu_TT raccourçure-mince_LILLE_Pu raccourçures_LILLE/DOUAI/CAMBRAI_Pu ranche_LYON_Pu rancouil_LANGUEDOC_Pr/Pu (législation sanitaire)_TT rille_LANDES_Pr/Pu (législation sanitaire)_TT rique_GRANDE-LANDE Pr/Pu _TT(mercuriale) rognonade_MONTPELLIER/PERPIGNAN_Pr/Pu (taxation) ròste_PYRENEES roucounaire_GASCOGNE_Pr/Pu (législation sanitaire) roucoune_GASCOGNE_Pr/Pu (législation sanitaire) roulette_NANCY_Pu sale_LANDES_Pr saliagres_LANDES/MARENSIN_Pr/Pu (label) sannadou_LANGUEDOC_Pr/Pu_TT (législation sanitaire) sannnadé_GERS/LANDES_Pr/Pu_TT tardan_PYRENEES_Pr/Pu (mercuriale) tardanère_PYRENEES tillut_tillude ADJ_GASCOGNE_Pr tissous_tissouse_LANGUEDOC_CARCASSONNE-BRAM_Pr_NT tindeloû_CASTRES_Pr_NT tiòque_LANDES_Pr/Pu_TT (mercuriale) tiouquet_LANDES tiouquètte_LANDES_Pr/Pu (mercuriale) tirer le gutèr_LANDES_Pr tirer le buchò_AURE/MONTREJEAU_Pr_NT tòste_CARCASSONNE/LIMOUPu tourniòle (avoir la --)_Pr_NT tranchette_OLORON_Pr trenèls_ST-AFFRIQUE/MILLAU_Pu_TT tricandille/AUCH/GERS_Pu trinquet_AURILLAC/CANTAL_Pr/Pru_TT tripettes_MEDOC+Pr tripòt_MEDOC/BEARN tripòtes tripoû_ARIEGE_Pr+Pu_TT tripoûs_AVEYRON_Pr/Pu _TT(label) triscats_BAGNERES/BIGORRE vampe_TROYES_Pu _TT(taxation) ventrèche_LANDESPr/Pu (label; taxation) yout_LANDES_Pr_NT youtàrrou_LANDES_Pr_NT

Annexe 2 Aux frontières du vocabulaire de spécialité et de l'implantation terminologique: les labels territorialisés en pomologie (la question des éco-labels européens et français).

Toutes les suites sont indexées _TT (terminologie dialectale temporaire)

LE LIEU DANS UNE BASE DE CONNAISSANCES GENETIQUE DES VARIETES: le cas de la genèse de normes en approche du domaine pomologique (éco-labels de la France du Sud). On aborde ici la terminologie de manière non contrastive, non comparative, mais avec une méthode qui s'inspire des principes de base de la géolinguistique: V. Brunet (1987: la carte. Mode d'emploi). Avant de passer à cette nouvelle étape, nous voudrions donner un ultime exemple de construction du facteur 'L' (lieu) dans une base de connaissance utilisant les caractéristiques des objets; l'application concerne ici le sous-domaine de la pomologie (caractéristiques des variétés traditionnelles d'objets fruitiers, dans une approche ethnobotanique, génétique) On distinguera, dans une base de données initiale, constituée pour orienter une préenquête, puis une enquête détaillée, trois types de dénomination P1 selon l'explicitation du lieu (site de la variété déterminée par son site) P2 selon des critères d'explicitation de caractéristiques (qualification) P3 éléments mal déterminés Autant qu'à la détermination de la dénomination localisée, on s'attachera à déterminer, par la méthode des graphes, l'axe de dissémination des variétés, pour une relation concept/référent définie en rapport avec la problématique des interactions sociales: Cartes LETERME-1995, pp. 158; 159; 156; 157; 226; 64 etc...

Bourrue de Juilhac_G (EA la --) FAITS OBJ_CATEG= CAST/FAITS CLASS "L" L_JUILHAC>CORREZE 19 F/QUAL_bourrue/ Pour cette situation, et à cette situation, on peut prévoir les désignations implantées, par le média de la mercuriale (éco-labels) Juilhaque_G (la --) 19 CORREZE Corrive bourrue 19 CORREZE Marron_de La Piale_G Corrèze Marron_des Angles_G 19 Corrèze Marron_de Laguépie_G 81, 82, 12 (V. veau de Laguépie: éco-label) Marron de Goujounac_G 24, 46 Ce sous-ensemble extrait est construit en syntaxe adjectivale avec spécification en NCop de l'origine (provenance)

Problèmes de terminologie locale "populaire" à résoudre: _G indicateur de terminologie spatiale Eminade (19 Haute-Corrèze) Fouillarjoune EA grosse (19 Corrèze) Marron e(i)shalade VARGRA_exalade (87 Bas Limousin) Marron Nousillard (Creuse) Aventiva, adventiva, aventive, adventive (47F, 24F) Camberoune (24) Cassagnòle (46, 47, 24) Montagne_G (46, 24) Portaloune (24F) Roussette (24, 47, 46) EA -- de Montpazier Verdale (24, 46, 12) Aboriva_OCC, abourive_R EA -- des Courets (12) Canourguel (12F)_G Dardalasse (12) Gène = ? (12) Guepide jaune (82, 12): V. Marron de Laguépie_G Vertuale 12F V. Verdale_G Pindoraida_OCC (12F) Marron du Sourd (64) Marron Uhart (65) Dorenca, dourenque (64 Béarn) Tounibe_FREG EA hâtive_F (Bassin Houiller Decazeville CCC), et < vers Montbazens> On a posé comme base d'observation l'un des objets les plus traditionnels liés à l'historique de l'alimentation traditionnelle. Nous resterons ici très scrupuleusement à l'abri des modèles cognitifs et du cognitivisme, cherchant nos solutions en approche onomasiologique renouvelée par une approche sémantique et pragmatique (circuits des biens; circulation des termes, mode de production, interactions sociales). On procèdera de même, à partir des mêmes sources, pour les variétés des autres fruits: pomme; poire; figuier/figue. On se rendra très vite compte de la nécessité d'une représentation cartographique des aires et axes de dissémination des variétés, à partir d'un centre de diffusion, sans calcul très sophistiqué de barycentre, pour commencer (Brunet 1987 La carte. Mode d'emploi). La méthode n'est pas foncièrement différente de celle d'une représentation cartographique dez zones d'implantation de particularités lexicales diffusées (belgicisme de la base TERMISTI, Bruxelles). On fait apparaître deux terminologies antipodales: - la terminologie ancienne (terminologie du parrain, de l'oncle, de tonton): hromentè(i)ra_D produit (est responsable de) l'implantation de l'unité roumentère_FR (en français régional) - la terminologie nouvelle (Louronnaise_G). Syntaxiquement, les deux sous-ensembles exploitent les mêmes régularités de formation des unités syntaxiques nominales: dérivation: composition.

POMME (éco-labels en France) roumentère_FREG, roumentière_FREG, roumentine 47 ---> 40F Ragau_GASC ET FREG 64 ---> 40 et 65 EA -- DE BORDES_G VA POMME D'ENFER (poma d'infern) VA DE CASSE, VAR. de Cassou 40F avec dissémination Belle Louronnaise_G 65 Louron Oeil gros 64, 31, 09 axe très important en termes de mercuriale Ramponenca 82, 47, 33 (graphe de dissémination orienté) Coteràs, cot(eràs) EA <des Pyrénées_G> 65, 82, 09, 64 Museau de lièvre rouge_du Béarn_G iranja, "pomme-orange" 09, 65, 64, 33 Roussette blanche_de Tanus_G Roussette blanche_du Tarn_G peratxa 64 (lexique basque) Udarre Sagarra (64 lexique basque) ? Apion, pomme Pion, Apiom (09, 32) ?

CERISE ( la question des éco-labels en France) On ne perdra pas son temps à chercher à corréler des données de phonétique lexicale à variation aléatoire, et les cartes de diffusion lexicale à caractéristique non aléatoire: Mourique: Aquitaine Albanes_G(09) Conquaise_G (12) Negrale (12) Cerise_d'Aguessac_G (12) Alzonnaise _G(12) Coussaude (19) Guindon (19) Guindolh (Languedoc) guin (47, 31) guine (47, 31) Franche Noire (19) Truchaude (19) Vergouzane_G 19 Villadas_G 19 Guindòlle 33 May Duke_G 19 ( Médoc, en façon "anglaise"?)

AMANDE (les éco-labels en France du Sud): une terminologie de sous-sol qui permet de trouver ses marques Valensole_G (occitan valensòla): Martel (1994) 92: de Valence (Drôme= faux; de Valençole (plateaux de Valensole Hautes Alpes = vrai)

Comme notre but n'est pas de construire une base de connaissance dans une approche pomologique, mais d'utiliser de telles données pour faciliter la sensibilisation à un type d'approche, dans un cadre juridique, nous avons pensé utile de rappeler notre fidélité aux principes de base de l'onomasiologie et de la sémasiologie; rappelant, par le même coup, notre méfiance irréversible à l'encontre de la sémantique conçue "à l'étage", ou en termes de "plomberie".

Bibliographie

1. Données

Besche-Commenge (Bruno).- Le savoir des bergers de Casabède.- Toulouse, Centre de Linguistique et de dialectologie (UTM), 2 volumes (textes, traduction; analyse), 1981 Rapport d'activité Equipe UMR 5610_5 Terminologie, Toulouse, juin 1996 (A. Condamines et alii). Ethnozootechnie (Revue de la Société d'Ethnozootechnie, Paris, Museum d'Histoire Naturelle.

2. Méthodes en Sciences économiques et sociales

Isaïa (Jacques).- Les finances Publiques, 1985

3. Méthodes de traitement des données

Venables (W. N.), Ribley (B.D.).- Modern Applied Statistics with S-Plus.- Springer Verlag, 1996

Jean-Louis Fossat Centre de Linguistique et de dialectologie Université de Toulouse-Le Mirail Toulouse, France

fossat@cict.fr

 

CLID

 

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