Morphologie

La composante Morphologie Lexicale de l'axe se consacre à la morphologie dérivationnelle et flexionnelle étudiée dans une perspective lexicaliste (basée donc sur les mots et non sur les morphèmes). Les recherches portent principalement sur le français mais également sur plusieurs autres langues romanes comme l'italien, l'espagnol et le catalan. Des travaux sur d'autres langues (anglais, japonais, langues d'Amazonie y sont également menés.

Du point de vue de la morphologie flexionnelle, les problématiques concernent en particulier les problèmes d'allomorphie dans la flexion du français et des langues romanes (en particulier espagnol, italien et, plus récemment, catalan). L'enjeu principal des recherches menées dans ce domaine est celui de dissocier ce qui, dans la flexion, relève de la compétence morphologique et phonologique de ce qui est un fait purement lexical. Il s'agit, en d'autres termes, de proposer un modèle de la flexion qui puisse rendre compte de comment un locuteur peut, à partir d'une forme particulière, reconstruire la totalité des formes d'un lexème. Ce travail se centre notamment sur des questions comme la distinction entre lexèmes réguliers et irréguliers, la division des mots d'une langue en classes flexionnelles, l'analogie, la variation allomorphique.

La morphologie dérivationnelle est étudiée quant à elle, en relation avec les problèmes de morphophonologie et de sémantique. Ces recherches visent principalement à construire un modèle de la compétence morphologique qui tienne compte du poids du lexique existant et des relations qui s'établissent entre ses unités. Les schémas de construction de lexèmes complexes sont vus comme soumis à une série de contraintes, non seulement phonologiques, mais aussi sémantiques, morphologiques et purement lexicales. Parmi les avancées descriptives que ce type d'analyse a permis d'atteindre, il y a par exemple le poids des contraintes de taille sur le lexique du français, les échanges entre affixes concurrents ou encore la pression du lexique existant sur la forme des mots dérivés.

Les recherches en morphologie lexicale conduites au sein de l'axe accordent également une place importante à la collecte des données et à leur organisation dans des bases informatisées. Elles sont essentiellement réalisées à partir d'exemples attestés (notamment sur le Web) et bon nombre d'entre elles ont des entrées accompagnées d'attestations référencées. Les collaborations avec l'Axe TAL permettent dans ce cadre, le développement d'outils informatiques conçus pour faciliter la découverte de néologismes et d'attestations. Une vingtaine de bases de données ont été ainsi constituées ou complétées.

Enfin, la prise en compte de données comportementales issues de l'expérimentation et visant à étudier les mécanismes cognitifs sous-jacents au traitement des mots isolés prend une place de plus en plus importante dans l'élaboration des modèles théoriques.

Depuis 2002, les morphologues de l'axe organisent Les Décembrettes, colloque biennal international de morphologie se déroulant traditionnellement au cours de la première semaine du mois de décembre.